Le tronçon de tous les cauchemars

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Les usagers de l’autoroute Est-Ouest ont vécu un véritable cauchemar, avant-hier, sur le tronçon entre Bouira et Boumerdès. La cause : un accident de la circulation, un de trop, survenu en milieu de la journée, juste à la sortie des tunnels de Bouzegza en direction de Bouira.

Ainsi, des milliers d’automobilistes ont été pris au piège durant plusieurs heures dans des embouteillages monstres qui se sont formés sur plusieurs kilomètres. Femmes, enfants et personnes âgées ont dû patienter sous un soleil de plomb des heures durant, avant que la voie ne soit dégagée à la circulation. Selon des témoignages, il aura fallu la mobilisation des automobilistes, dont bon nombre s’est porté volontaire, pour libérer la voie bloquée par des poids lourds. Ceci en raison de la difficulté d’accès des secouristes (pompiers et gendarmerie) aux lieux de l’accident. Durant les minutes qui ont suivi l’accident, les standards de la gendarmerie et de la Protection civile ont été assaillis par des appels de détresse d’automobilistes. Ces derniers, nombreux a être accompagnés d’enfants et de personnes âgées, se sont vite retrouvés à court d’eau potable et faire ainsi face à des cas de déshydratation. Aussi, la canicule sévissant dehors n’était pas pour arranger les choses.

Il faut dire que les accidents de la circulation sur le tronçon reliant Lakhdaria à Bouira sont très fréquents. Des dizaines de personnes y ont trouvé la mort. Le mois de juillet dernier a été particulièrement meurtrier. En effet, en moins de quinze jours, deux accidents dont un impressionnant carambolage, ont été enregistrés sur cette portion de l’autoroute. Ce tronçon ouvert au début des années 2000 a subi beaucoup de dégradations, lesquelles se sont accentuées durant cette dernière décennie. En 2012, des glissements de terrains ont sérieusement menacés le tronçon à certains endroits, plus particulièrement à Aïn Chriki dans la commune d’Aïn Turk. Tous les ministres qui se sont succédés à la tête du secteur des Travaux publics ont eu à constater de très près l’état de ce tronçon. Alors, il a été décidé d’une opération de mise à niveau. Seulement et trois ans après le lancement du chantier, les travaux étaient toujours au point mort. Entre temps, les usagers étaient confrontés à un calvaire au quotidien. Car en plus de l’état de la chaussée, les automobilistes devaient faire face aux embouteillages générés par le chantier. Accidents, embouteillages, ralentissements de la circulation…voilà l’enfer vécu au quotidien par les automobilistes depuis quelques années. Récemment, un tronçon de 3 kms a été livré à la circulation sur les 33 concernés par la mise à niveau. Mais les travaux sont loin d’être achevés. En visite sur le chantier au mois de juillet dernier, le ministre des Travaux publics a fixé le premier semestre 2016 comme délai pour le parachèvement des travaux. Là encore, il faudrait beaucoup d’application de la part des entreprises réalisatrices pour respecter le délai et livrer enfin le projet. Le premier responsable du secteur, lui, est attendu au tournant. Car ses prédécesseurs ne se sont pas montrés assez sereins, mais aussi assez sévères à l’égard des entreprises en charge du projet, lesquelles avaient cumulé retard sur retard. S’il est vrai que l’état de la chaussée et les chantiers qui pullulent sur ce tronçon en sont des causes d’accidents et souvent sources de désagréments pour les automobilistes, l’épisode d’avant-hier pose aussi un sérieux problème : celui de la sécurité routière. Car, en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation lancées mais aussi des mesures prises, l’hécatombe n’est pas prête de s’estamper. Il faudrait peut-être revoir certains dispositifs du code de la route et durcir davantage la législation. La multiplication des radars et renforcement de patrouilles sur l’autoroute pourraient être des pistes à privilégier. À côté ce cela, il y a tout ce qui est équipements de confort et sécurité qui vont avec l’autoroute. Sur ce point, il faut reconnaître que l’ouvrage est toujours en chantier et il n’a pas été livré dans sa totalité. Les équipements comme les aires de repos et les stations de service sont toujours en chantier. Idem pour les pénétrantes et autres échangeurs. À vrai dire, les tronçons ouverts à la circulation ne disposent aucunement d’équipements nécessaires. D’autres carences restent à combler. Car sans vidéo de surveillance et autres moyens de communication (téléphones de secours, support radiophonique, internet), il est difficile de prétendre offrir un service de qualité du confort et de la sécurité aux usagers de l’autoroute.

D. M.

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