Comme à chaque saison estivale qui voit se multiplier par dix le trafic routier, les spectaculaires bouchons à proximité et dans les agglomérations traversées par la RN15, à savoir Raffour et Chorfa et plus loin Tazmalt et Akbou, dans la wilaya de Béjaïa, reprennent de plus belle et augmentent sensiblement par rapport aux années précédentes. Ceci du fait d’une nette augmentation du nombre de véhicules qui empruntent quotidiennement ce tronçon d’une quinzaine de kilomètres entre le carrefour de M’Chedallah et la sortie Est de Chorfa. Ce carrefour qui est en fait un plongement de la RN26 qui relie Béjaïa, constitue l’un des plus importants axes routiers de tout l’Est du pays, sachant que la destination finale est la région touristique de Béjaïa et ses nombreuses villes balnéaires ainsi que son port commercial et l’aéroport mais aussi et surtout l’un des plus pénibles points noirs sur le volet circulation routière. L’étouffement de l’impressionnant flux de la circulation automobile sur cet infernal tronçon est généré pas plusieurs facteurs négatifs qui peuvent être facilement éliminés tel que l’anarchie du stationnement des deux côtés à l’intérieur de ces deux importantes agglomérations, qui réduisent ce tronçon aménagé en boulevard modernisé à un simple sentier étroit goudronné où les croisement des deux files de véhicules s’effectuent et se négocient à coup de clacksons rageurs, vocifération et gesticulations empreints de colère des chauffeurs. Ces derniers qui perdent calme et sang froid après de longues attentes pour avancer de quelques mètres sous un soleil de plomb dans un environnement pollué de surcroit, ajouté à l’occupation des trottoirs par les commerçants qui les utilisent en guise de devantures pour y déposer leurs marchandises, obligent les piétons de ces deux villes, à forte concentration démographique, à se déplacer directement sur le peu de chaussée qui en restait. Cet état de fait est aggravé par l’absence de passerelles ou passages souterrains qui pourront absorber la circulation piétonnière et réduire les accidents qui s’y produisent fréquemment. A cela s’ajoutent les nombreuses rues qui desservent les deux côtés de ces villes traversées en plein milieu par cette route dont les automobilistes utilisateurs doivent slalomer et faire de véritables acrobaties pour rentrer ou sortir du fait de la réduction de la visibilité à l’origine de fréquentes collusions. Le tout couronné par l’état de la chaussée elle-même dégradée, truffée de nids-de-poule, de bosses et l’aménagement à l’intérieur des agglomérations d’alignées de ralentisseurs et de dos d’âne. Un état de fait aggravé par des interminables alignées des étales de marchands ambulants de fruits, légumes et volailles qui occupent les accotements et qui, non seulement gênent sensiblement la circulation routière mais aussi et surtout sont à l’origine d’une palpable pollution au mépris de la loi, faisant fie de la réglementation qui régie ce secteur. La plupart d’entre eux ne possèdent ni registre de commerce ni quelconque autorisation et exercent dans une anarchie totale en plus d’enlaidir ces espaces illicitement occupés et proposer une marchandise douteuse non protégée et exposée aux dards d’un soleil mordant qui déclenche rapidement le processus de pourrissement des produits sensibles. Cet inévitable tronçon, en raison de l’absence de routes secondaires et de déviation, donne des cauchemars aux malheureux routiers notamment les milliers d’estivants accompagné de leurs familles qui souffrent le martyr pour franchir ces 15 Km à pas de tortue par temps caniculaire. Il convient de signaler aussi que les transporteurs de voyageurs contribuent sensiblement, de leur côté à l’étouffement de la fluidité de la circulation en marquant de fréquents arrêts qui se font à la demande du client le long de cet infernal trajet en l’absence d’arrêts réglementaires et aménagés. Notons, pour conclure par une anecdote, que les seuls qui ne souffrent pas de ces interminables embouteillages sont les services concernés par la circulation routière qui usent de leurs gyrophares pour se frayer un passage et les cortèges officiels qui bénéficient du même procédé. Certes qu’une autoroute entre Béjaïa et Ahnif, distante de quelques 120 Km, est en cours de réalisation et qu’elle mettra définitivement fin à cette contrainte majeure, mais d’ici à ce qu’elle soit réceptionnée et livrée, les automobilistes continueront à subir les retombées d’une anarchie totale sur ce tronçon, et ce, à cause de l’absence des nombreux services étatiques directement concerné.
Oulaid Soualah
