Une étrange maladie, qui déclenche un processus de pourrissement sur toute la variété des fruits de saison, est apparue dans l’ensemble des vergers des villages de haute montagne.
Elle s’est rapidement propagée pour prendre les contours d’une épidémie, qui fait des ravages dans l’arboriculture fruitière tels que les pommiers, les cerisiers, les pruniers, les poiriers et la vigne. Elle sévit avec plus de densité au niveau du village Tadart Lejdid d’Aârch Iwakuren. Et nous l’avons constaté de visu, jeudi dernier, avec des tas de fruits pourris qui se sont détachés à quelques jours de leur maturité et ont jonché le sol, sous l’arbre mère. «La récolte de certaines variétés de fruits de saison est complètement perdue, à cause de cette étrange et tenace épidémie, qui a résisté à tous les traitements à base de produits chimiques utilisés jusque-là pour la protection des fruits.», dira Mohand. A, qui a insisté pour nous faire visiter son verger planté d’une dizaine d’espèces d’arbres fruitiers offrant un décor des plus lamentables, avec un tapis uni de fruits pourris qui recouvrent toute la surface du jardin. Ceux de ces fruits qui ne sont pas encore tombés sont tachetés avec de minuscules trous d’où sortent de minces vers blancs, après avoir grignoté le cœur et la chaire. La maladie, qui réduit à néant le fruit au sens propre du mot, est venue à bout du dur labeur de ces petits agriculteurs dont la plupart vivent du produit de leurs vergers, auxquels ils consacrent tout leur temps et des soins méticuleux dont la récolte conditionne leur niveau de vie. Notre interlocuteur visiblement angoissé le visage congestionné par le désarroi dira, qu’il a essayé tous les traitements tant traditionnels que ceux à base de produits chimiques destinés à l’agriculture, en vain. L’épidémie continue sa progression, réfractaire à tous les soins et traitements et commet des ravages. Cet agriculteur expérimenté d’un certain âge déclarera n’avoir jamais vu ce genre de maladies, du moins d’une telle envergure dans la région qui s’attaque systématiquement aux fruits de saison. Il nous expliquera qu’elle apparait sous forme d’un minuscule point noir sur le fruit, dès qu’il arrive à sa complète formation et qui s’élargie au fur et à mesure et au même rythme que la croissance du fruit. Ce dernier finit par se détacher à quelques jours seulement de sa complète maturité soit après que la tige-nombril qui le rattache à la branche mère ne moisisse. D’autres agriculteurs venus à notre rencontre sur les lieux, nous affirmeront que cette maladie, qui n’épargne aucune de la douzaine des variétés de fruits de saison, s’est propagée dans toute la région et prend l’ampleur d’une véritable catastrophe naturelle dépassant leurs propres moyens, d’où la nécessité de l’intervention de l’Etat par le biais de ses nombreux services directement concernés, qui sont les services agricoles, ceux des forêts et de l’environnement, entre autres. Tout porte à croire que cette épidémie s’est manifestée avec le changement et les bouleversements climatiques, selon les témoignages recueillis sur place. Un cas sur lequel doivent se pencher rapidement ces nombreux organismes de l’Etat pour y remédier, sans quoi tous les efforts et les colossales enveloppes financières consommées dans les nombreux programmes de la relance de l’agriculture de montagne qui commence, à proprement dire, à donner leurs fruits, seront anéantis et réduit à néants.
Oulaid Soualah

