Il est tout à fait clair que des efforts ont été consentis à travers plusieurs localités de la wilaya de Tizi-Ouzou pour améliorer le cadre de vie des populations locales et les maintenir en place.
Mais hélas, les réalisations et les acquis sont insuffisants en rapport aux aspirations de la population qui n’a jamais lésiné sur l’effort et la disponibilité pour défendre les intérêts suprêmes de la nation, soit en temps de la glorieuse révolution de Novembre, soit pendant la sanglante décennie noire ou lors d’un quelconque événement qui menace la réputation de la nation ou son intégrité. Dans les villages, malgré l’ouverture de certaines routes, la réalisation de tronçons d’assainissement et le raccordement partiel aux divers réseaux, les manques persistent et mènent la vie dure aux habitants.
Dans les villages et les chefs lieux comme c’est le cas notamment dans le versant Sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, l’absence de plusieurs commodités est criant. De Boghni à Béni douala et Ouadhias, la population vit dans le dénuement. Cette région, qui compte des centaines de villages qui ont donné à la nation plusieurs milliers de ses vaillants enfants, attend toujours le retour de l’ascenseur en vain. Prenons comme exemple, le village d’Aït Abdelmoumène, dans la commune de Tizi N Tléta relevant de la daïra des Ouadhias à 35 kms au Sud de la ville de Tizi-Ouzou, un village tentaculaire de part sa grande surface et le nombre d’habitants qui dépasse 12 000 âmes. Dans ce douar, il n’y a ni stade ni maison de la culture ni centre de santé ni agence postale et encore moins une quelconque salle polyvalente.
L’eau est rationnée en hiver à raison de 4 heures par semaine. En été comme c’est le cas cette année, l’eau se fait trop rare, dans certains quartiers tels que Taghoucht, El Djama et Nador les robinets sont à sec depuis le début de l’été. Le citoyen se démène en achetant des citernes tractables aux prix de 2 000 DA. Un habitant du quartier Nador déplorera: «Depuis le début de l’été l’eau n’a pas coulé de mon robinet. J’ai interpellé l’ADE à plusieurs reprises mais rien n’a été fait. Du coup, j’achète une citerne par semaine et faites le compte».
Le gaz de ville, seule satisfaction
Bien entendu, ce cas n’est pas unique au village d’Aït Abdelmoumène, mais aussi à Cheurfa, sidi Ali Moussa, Aït Aissi Ouziane, Bouhamdoune, Tizi Lilane, Mechtras et dans des dizaines d’autres villages, l’eau manque ! Au village d’Aït Abdelmoumène, la seule satisfaction vient du réseau de gaz naturel qui a atteint un taux de couverture appréciable en attendant l’achèvement des travaux au niveau du village de Tassoukit. Le réseau d’électricité existe mais les chutes de tension sont récurrentes.
Des dizaines de foyers ne sont toujours pas raccordés. «Cela fait des années que nous galérons pour le raccordement de notre quartier au réseau de l’électricité nous ne voyons toujours pas le bout du tunnel», regrettera un habitant du quartier Louvayar. L’assainissement n’est pas généralisé au grand dam des villageois, des quartiers entiers sont sans réseau d’assainissement. Le cas de celui dit El Djama est un exemple comme tant d’autres. La pollution et la dégradation de l’environnement sont saisissantes. Pour en savoir davantage et constater de visu l’amère réalité il suffit d’une virée du côté de Tizgui, de El Djama Bwada et parfois de jeter un coup d’œil par la fenêtre de son…habitation, Hé oui, même l’incivisme est devenu un comportement normal. Le réseau de la téléphonie fixe sabordé depuis des lustres n’est toujours pas réparé la fibre optique n’est pas encore à l’ordre du jour et j’en passe…les écoles sont en piteux état.
Bien entendu, dans d’autres villages le constat n’est pas meilleur. Les manques sont nombreux et le marasme généralisé. La population ne fait que vivoter, le chômage, les maux sociaux et la violence compliquent la donne et assombrissent l’horizon. C’est dire que les autorités concernées et les villageois eux-mêmes ont beaucoup à faire pour viabiliser les villages et améliorer leur cadre de vie. Pour le moment, le chaos semble prendre le dessus malheureusement.
Hocine T

