La rentrée scolaire approche à grands pas. Plus de huit millions d’élèves et leurs parents s’y préparent, sous le spectre de mouvements de protestation annoncés d’ores et déjà par quelques syndicats autonomes du secteur.
Alors que les enfants profitent des derniers jours de vacances d’été qui tire déjà à sa fin, les parents quant à eux sont dans la tourmente car c’est à eux de racler le fond des tiroirs pour acheter les fournitures scolaires et autres accessoires. En effet, le modeste budget des ménages sera, cette fois-ci, consacré à l’achat des cartables, des cahiers et des livres. La saigné ne va pas s’arrêter là puisque une autre saignée, celle de la fête de l’Aïd El Adha va pointer le bout de son nez. Lors d’une virée, hier, dans différentes librairies de la capitale, nous avons constaté que les magasins spécialisés dans la vente des articles scolaires étaient envahis par les parents. Accompagnés de leurs chérubins où venus seuls pour faire leur emplette en fournitures scolaires, les parents étaient unanimes à dire que les prix de ces derniers sont excessivement chers. En effet, les parents ont d’ores et déjà commencé à faire leur emplettes, pour éviter la cohue et par peur d’une rupture de stock et d’une éventuelle hausse subite des prix dans les prochains jours.
Des enfants exigeants et des articles hors de portée
Après la saignée du mois de ramadhan et la fête de l’Aïd El Fitr, les ménages doivent donc faire face aux dépenses de la rentrée. Les magasins spécialisés affichent depuis quelques jours des prix qui font fuir les petites bourses. Les parents sont assommés, jugeant les prix prohibitifs et les produits «inaccessibles», tandis que leurs enfants sont de plus en plus exigeants. Les parents, accablés par la flambée des prix, se voient dans l’obligation de satisfaire leur progéniture, mais ils n’y parviennent pas vu leurs modestes revenus. Certains parents se contentent de leurs économies, alors que d’autres n’hésitent pas à s’endetter pour ne pas décevoir leurs enfants. «Après les dépenses du mois sacré de l’Aïd et celles de la saison estivale, je ne crois pas que je pourrai remplir les cartables de mes trois enfants scolarisés», nous confiera un père de famille. «Les prix sont beaucoup trop élevés», a-t-il déploré avant d’ajouter : «Je vais m’endetter, c’est la seule solution qui me reste pour pouvoir subvenir aux besoins de mes trois enfants». Un autre père de famille nous dira : «Franchement, je ne peux pas subvenir aux besoins de mes trois enfants, tous scolarisés, avec un salaire de 25 000 DA, que ce soit pour l’achat des articles scolaires ou pour les vêtements à l’occasion de l’Aid El Adha». Il poursuivra : «Je vais me contenter de leur acheter les articles scolaires. Mes enfants vont malheureusement être privés de vêtement à l’occasion de la fête de l’Aïd. J’aimerais bien les satisfaire mais cela est impossible». Certains enfants, selon une mère de famille, ne veulent pas porter « n’importe quoi » le jour de l’Aïd. Ils ne veulent acheter que les produits de bonne qualité qui sont affichés à des prix excessivement chers, et les parents finissent par céder aux caprices de leurs enfants.
40% des articles scolaires sont contrefaits
Le porte-parole de l’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a tiré la sonnette d’alarme quant à une quantité importante d’articles scolaires contrefaits sur le marché. Selon les statistiques avancées par le porte-parole de l’UGCAA, «40% des articles scolaires mis sur le marché sont contrefaits». Le responsable a, à cet effet, lancé un appel aux consommateurs et aux parents d’élèves sur le danger que représentent ces articles scolaires contrefaits. Ils sont, selon lui, nuisibles à la santé des enfants. «Les parents doivent faire attention aux produits qu’ils achètent, car beaucoup d’articles scolaires ne sont pas de bonne qualité ils sont contrefaits», a affirmé M. El hadj Tahar Boulenouar, qui appelle les autorités à renforcer le contrôle sur le marché. Il n’a pas omis par ailleurs d’attirer l’attention sur le retour des points de vente de l’informel, qui sont, d’après lui, responsables de la présence sur le marché d’articles scolaires contrefaits. Il a dans ce sens, appelé les pouvoirs publics à interdire ces points de vente car ces articles scolaires mis en grande quantité sur le marché passent par ces points de vente illégaux.
Une augmentation des prix de 5 à 10% par rapport à l’année dernière
Selon le porte-parole de l’UGCAA, les prix des articles scolaires ont connu une légère augmentation, par rapport à l’année précédente. Selon les estimations de M. Boulenouar, les prix des fournitures scolaires ont connu une hausse de 5 à 10%, par rapport à l’année dernière. Notre interlocuteur a attribué cette augmentation à la dévaluation du dinar. «Si le dinar continue de dégringoler, les prix des articles scolaires connaîtront une forte augmentation d’ici le mois de janvier», a expliqué M. Boulenouar. Lors d’une virée effectuée dans les différentes librairies de la capitale, nous avons constaté que les prix des fournitures scolaires ont connu une hausse. Le cahier de 288 pages est cédé à 140 DA, alors qu’il était à 120 DA l’an dernier. Le cahier de 192 pages, quant à lui, est vendu à 110 DA, contre 100 DA l’année passée. Le cahier de 120 pages est cédé à 50 DA, alors qu’il était cédé à 45 DA l’an dernier. Les cartables aussi ne sont pas épargnés par la flambée des prix. Ils sont cédés entre 900 DA et 3 000 DA l’unité selon la qualité du produit.
L.O.Challal

