Ils ne sont pas près de prendre la retraite, pour la simple raison qu’ils viennent, il y a une poignée d’année, de prendre la relève. Eux, ce sont les tambourinaires, appelés communément Idhebbalen en kabyle. Dans la région de l’Aârch n’Ath Abbas, beaucoup de jeunes troupes folkloriques, animant ce genre de musique, ont vu le jour, dénotant d’un attachement à l’histoire antique et moderne du pays. Les jeunes de cette contrée, n’oublient pas de perpétuer les rites et les coutumes des aïeux qu’ils gardent jalousement, sans pour autant perdre le « fil » de l’actualité. Les fêtes de mariage dans cette région n’ont pas de sens sans les fameux tambourinaires, adulés par dessus-tout par les jeunes et les moins jeunes. Danser au rythme de la «gheïta» et des tambours diffère carrément de la dance sous les musiques des DJ. Les airs qui fusent des instruments traditionnels des tambourinaires réussissent toujours à « électriser » et à galvaniser les foules de badauds. Difficile à une personne quelconque de ne pas se laisser emporter par les rythmes endiablés et les airs enchanteurs des tambourinaires. Avec leur tenue traditionnelle, composée de turbans jaunes et de tuniques blanches, Idhebbalen savent mettre leur propre grain dans une ambiance festive.
La dance au rythme des tambourinaires, c’est tout un code !
On n’oublie jamais une soirée animée par ces musiciens bien de chez nous. Dans tous les villages des Ath Abbas, on fait appel à eux pour animer les fêtes de mariage ou de circoncision. Les tambourinaires jouent dans les cortèges nuptiaux, dans les étroites ruelles des villages et dans les places publiques, en créant une ambiance des grands jours. Les DJ peuvent courir… Les jeunes, lorsqu’on leur met la puce à l’oreille, on leur disant que des tambourinaires vont animer une fête dans tel ou tel village dans la soirée, ils y affluent en groupes des villages avoisinants pour assister et danser au rythme du t’bel! El gheïta finit toujours par faire « trépigner » les corps, et chacun y va de sa danse. Certains dansent comme ils le savent -ou comme ils le peuvent, d’autres par contre, perpétuent la « chorégraphie » d’antan, exécutée par les ancêtres. La danse chez les kabyles anciens n’est pas une suite de mouvements insignifiants ou impromptus, loin s’en faut, mais c’est tout un code qui a sa signification. C’est un langage difficile à décoder pour les initiés. C’est dire que dans notre société d’antan, rien n’était dû au hasard… Vivement les tambourinaires!
Syphax Y.
