Le projet de loi portant sur le nouveau statut de la fonction publique est d’ores et déjà prêt. Sa présentation devant les deux Chambres parlementaires n’est qu’une « question de programmation, sans plus ». C’est ce qu’a indiqué Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, invité par le quotidien arabophone El Khabar. Contre toute attente il a coupé cour aux espérances des travailleurs qui espéraient voir leur salaire augmenter, suite à la promulgation de la dite loi, le premier responsable du secteur a indiqué que la revendication émise par la centrale syndicale faisant état de l’abrogation de l’article 87 bis relatif au SNMG, n’engendrera que des répercussions négatives aussi bien pour la Fonction publique que pour les entreprises économiques. Le ministre n’a fait que reprendre l’argument donné par le chef du Gouvernement lors de la tripartite du 3 et 4 mars 2005, lors de laquelle ce dernier a souligné que la révision de l’article lié au SMIG induira une dépense salariale supplémentaire de l’ordre de 500 milliards de dinars pour la fonction publique et une incidence de 40 milliards annuellement pour le secteur économique public. Louh estime également qu’une telle approche causera la faillite immédiate de plusieurs entreprises économiques. Louh, tout en précisant que l’Algérie est souveraine dans ses décisions et qu’elle n’a d’ordre à recevoir ni du Fonds monétaire mondial ni du Bureau international du travail, a toutefois refusé de répondre à la question de savoir, s’il est prévu par le Gouvernement la revalorisation des salaires des travailleurs. Au grand dam de ces derniers, le ministre a refusé de répondre. L’invité du jour a, par ailleurs, déclaré qu’il ne partage pas l’avis de ceux qui estiment que notre pays connaît une « embellie financière ». D’après lui, « il n’ y pas lieu de comparer les ressources nationales avec les recettes réalisées par les entreprises économiques étrangères ». Evoquant les salaires impayés, le ministre a indiqué qu’une commission interministérielle composée d’éléments relevant de son service, d’autres du ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale et également du ministère de la Participation et de la Promotion des investissements a relevé que cette affaire de salaires impayés concerne pas moins de 46 mille travailleurs en prenant en compte ceux qui travaillaient dans les sociétés dissoutes. Louh a précisé, tout en rejetant toute responsabilité, quant au retard accusé dans les versements des paies, que l’Inspection du travail a recensé dernièrement, 383 sociétés n’arrivant plus à régler leurs employés, au nombre global de 33 616. Intransigeant, Louh a souligné que des mesures seront prises pour que ce problème épineux connaisse définitivement un dénouement. La dissolution des entreprises déclarant faillite est la solution avancée par le ministre et, dans ce cadre, une opération d’assainissement sera mise en branle. Louh a également indiqué qu’un dossier portant sur la mise en place de nouvelles mesures législatives de lutte contre le marché parallèle est en voie de réalisation. Ces mesures seront intégrées dans le cadre du nouveau code du travail, lequel comporte 12 lois qui sont en phase d’étude au niveau du ministère du Travail. Il est prévu dans le même sens, d’instaurer des nouveaux projets pour la refonte du Fonds national de la retraite. A ce sujet, l’orateur a nié les rumeurs colportées ici et là concernant l’augmentation des taux de cotisations des salariés au fonds de la retraite.
Wassila Ould Hamouda
