Une bibliothèque sans livres

Lors des festivités célébrant le premier centenaire de l’école primaire cheikh Belhaddad de Seddouk Ouadda, qui s’étaient déroulées du 8 au 20 avril 2005, le représentant de la Direction de la culture de Béjaïa, invité pour la circonstance, avait déclaré lors d’une réunion regroupant les membres du comité d’organisation, les notables des villages, les responsables d’associations locales et des invités, que le ministère de la Culture a alloué une somme de 5 000 000,00 DA, destinée à la création d’une bibliothèque scolaire dans l’enceinte, information rapportée dans l’un des articles sur ces festivités. Cette initiative, louable, avait été bien accueillie à l’époque par la population locale des quatre villages, notamment les anciens élèves dont certains se sont regroupés dans une association intitulée « Les Amis de l’école », créée à cet effet. De ce fait, une nouvelle dynamique s’est fait ressentir chez les citoyens de la région et les membres de cette association, en particulier, qui n’ont pas lésiné sur leur volonté pour conjuguer leurs efforts afin de créer les conditions adéquates à la réception du projet qui récompense à plus d’un titre leur école, un monument du savoir séculaire et centenaire qui a formé des générations de cadres et qui va profiter aux établissements solaires de toute la région. Ainsi, des travaux de rénovation de deux anciennes classes, avec des aménagements appropriés, ont été improvisés. Le mur les séparant a été démoli pour former une grande salle. Une partie a été conçue pour abriter les étagères et les ouvrages, et une autre comme salle de lecture. Le projet semble se concrétiser rapidement puisque la veille du démarrage des festivités, le matériel adéquat (chaises, bureaux et armoires) avait été réceptionné au complet et il ne manquait plus que la dotation en livres pour la mise en service de cette bibliothèque, la première du genre dans la commune de Seddouk. L’ironie du sort a voulu qu’une année sera bouclée dans quelques semaines et tout porte à croire que les ouvrages promis ont été renvoyés aux calendes grecques car, à ce jour, il n’y a toujours pas de dotation en livres émanant du ministère de la Culture ou de sa Direction à Béjaïa. Ainsi, dans ce contexte et devant ce retard exorbitant, le scepticisme absolu a gagné beaucoup de citoyens qui ne laissent planer aucun doute que le projet en question est bel et bien tombé à l’eau. Si c’est le cas : « A quoi donc sert une bibliothèque sans livres ? »

L. Beddar