La rumeur faisant état de ruptures de stocks au niveau des importateurs, a vite fait le tour de la commune, créant une certaine angoisse chez la population.
Une situation qui embarrasse beaucoup de pères de familles, d’autant plus qu’elle survient quelques jours seulement après la rentrée scolaire, et à la veille de l’Aïd. Depuis quelques jours, bon nombre de citoyens se ruent sur les étals des épiceries et des superettes pour des achats de denrées alimentaires de première nécessité. R., un gérant d’une grande surface, nous informe que «les rayons se vident au fur et à mesure que nous les remplissons». Les clients n’achètent plus au kilo. Les lentilles, les pois chiches, les haricots, la farine et autres se vendent par fardeaux entiers. De peur de se retrouver sans nourriture, les citoyens se constituent des stocks pour parer à d’éventuelles pénuries qu’on dit «imminentes». «Nous essayons de les tranquilliser en leur disant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, pour le moment. Nous ne les limitons pas dans leurs achats pour éviter justement de les alarmer. Ils nous écoutent puis s’en retournent vers les rayons pour remplir, quand même, le caddie», ajoute notre interlocuteur qui ne cesse d’alimenter les rayons de son magasin qui se vident aussi rapidement qu’il les approvisionne. Au marché hebdomadaire, les vendeurs d’alimentation générale renflouent leurs caisses. «Nous n’avons jamais vendu autant de légumes secs que ces derniers jours. Les dépenses de l’Aïd n’empêchent pas certains de nos clients habituels de doubler leurs achats», indique un marchand ambulant. À l’angoisse des dépenses de la rentrée et de l’Aïd, s’ajoute celle des hausses des prix qui «ne manqueront pas de nous rattraper, bientôt», juge le commun des citoyens qui avouent qu’ils n’ont «plus rien à donner». «Pour se constituer des stocks, il faut disposer de l’argent nécessaire. Or, avec notre maigre salaire, il est déjà difficile de faire face au pain et au lait quotidiens. Si çà ne tenait qu’à moi, les étals ne désempliraient jamais», juge un fonctionnaire qui, comme beaucoup de nécessiteux, vit au jour le jour.
A. O. T.
