Ce n’est qu’au terme de sa visite de travail dans la wilaya de Bouira, effectuée avant-hier, que la ministre de la Solidarité Nationale de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Mounia Meslem, a organisé une conférence de presse, où elle a abordé plusieurs sujets d’actualité à l’image de la multiplication inquiétante des actes de kidnappings des enfants, la prise en charge des réfugiés, les enfants nés sous X, le fonds d’aide aux femmes divorcées.
Ainsi et à propos de la multiplication des actes de rapts d’enfants, M. Meslem a affirmé «être très inquiète de l’ampleur que prend ce phénomène, notamment ces derniers mois». La ministre a déclaré également qu’une commission mixte sera prochainement mise en place et ce, dans l’objectif d’étudier les motivations psychologiques et sociales des ravisseurs ainsi que l’impact de ces actes sur la société. La même commission aura, également, comme mission la sensibilisation ainsi que la collaboration avec les associations et les acteurs sociaux. «Nous devons réfléchir à d’autres solutions qui auront un impact positif. La commission en question sera composée d’experts, du ministère de la Solidarité des Affaires religieuses, de l’Education et des Services de sécurité», a-t-elle ajouté. Concernant la prise en charge des réfugiés, M. Meslem a rappelé que l’Algérie a mis en place plusieurs centres pour réfugiés. D’après elle, ces centres ont été dotés de tous les moyens matériels et financiers et ce, afin de garantir une meilleure prise en charge de ces réfugiés. Autre l’hébergement, l’Etat s’en chargera également pour la scolarisation des enfants des réfugiés ainsi que pour le volet santé. L’hôte de Bouira a avoué cependant, que l’enjeu réel pour les autorités est actuellement de stabiliser les masses de réfugiés au niveau des centres d’accueil, notamment ceux situés dans les wilayas du Sud du pays. «Nous essayons de leur offrir tous les moyens et ce, dans l’objectif de les stabiliser dans les centres d’accueil des wilayas du Sud. Des wilayas qui ont pratiquement les mêmes conditions météo et géographique de leurs pas d’origine», a-t-elle ajouté. Concernant la scolarisation des enfants handicapés, elle a souligné que son département «a œuvré pour une année scolaire sans listes d’attente». «L’an dernier, quelques 10. 000 enfants handicapés n’ont pas trouvé de places dans les écoles, mais cette année, nous avons pu reconvertir 37 écoles en centre psychopédagogiques pour les retardés mentaux, et avons ainsi pu scolariser, cette année, 5 000 enfants et absorber du coup 50 % de la demande», a-t-elle affirmé. À propos du fond national pour l’aide des femmes divorcées, M. Meslem a déclaré que, dorénavant, les femmes divorcées ou en difficulté seront orientées directement via les services judiciaires vers les directions de l’action sociale de chaque wilaya et ce, afin qu’elles bénéficient d’une bourse mensuelle d’une valeur de 10. 000 DA. Les pères de familles seront tenus à cet effet, de rembourser cette somme auprès du trésor public : «Le dispositif est déjà mis en œuvre, nos services s’en chargeront des poursuites judiciaires à l’encontre des pères qui ne respecteront pas l’engagement du payement de la bourse de leurs progénitures». Interrogé au sujet de la prise en charge des enfants nés sous X, M. Meslem a tenu à affirmer que les dispositifs nécessaires pour l’insertion adéquate dans la société de cette catégorie sont disponibles au niveau des centres d’accueil des enfants nécessiteux. D’autres dispositifs seront également adoptés en leur faveur, dans les prochains mois, notamment en ce qui concerne les mini-crédits et la formation professionnelle. «Nous leur offrons tout le nécessaire au niveau des centres spécialisés. À commencer par l’éducation et la prise en charge psychologie. Beaucoup d’entre eux ont déjà réussi leur BAC et autres diplômes professionnels. Nous n’avons pas cependant la possibilité de leur offrir des logements propres à eux, c’est le travail des responsables locaux et qui, faut-t-il l’avouer, font de leur mieux, quand il s’agit de cette catégorie et beaucoup d’entre eux ont bénéficié de leurs propres appartements, notamment ici à Bouira», a-t-elle affirmé avant d’ajouter, «ces derniers resteront toujours hébergés au niveau des centres, après l’âge de maturité». «Les portes de nos centres sont toujours ouvertes mais généralement, c’est eux qui choisissent de quitter ces centres et préfèrent vivre ailleurs. Rien n’empêche, dans beaucoup de nos centres, nous continuons à héberger des jeunes filles ou garçons de plus de 18 ans, car ils n’ont plus où aller !», a-t-elle conclut.
O. K.
