Le nouveau wali de Béjaïa, Ould Salah Zitouni, est encore sorti de ses gonds, dans l’après-midi et la soirée d’avant-hier, en visitant la daïra d’Aokas.
C’est à Tizi N’Berber, qu’il fera part de sa désapprobation au sujet des études faites en ce qui concerne certains projets pour ne pas dire tous les projets visités. Il promettra de faire des audits techniques et financiers pour les projets du stade, du complexe sportif de proximité et du lycée 800/200 de la localité. Il s’étonnera que l’étude concernant le stade ait prévu des bureaux en R+1 et des voiles de soutènement ainsi que des gradins, alors qu’il aurait été plus judicieux, soulignera-t-il, de prévoir des gradins avec des locaux pour les bureaux et vestiaires, en soubassement, en un seul lot. «Vous êtes entrain de gaspiller l’argent de l’état», tonnera-t-il à l’adresse du représentant du bureau d’études qu’il menacera de résiliation de contrat au cas où il serait incapable de mener à terme le projet dont l’étude devrait être, par ailleurs, revue. Il fera le même speech avec le même représentant lors de la visite du complexe sportif de proximité en déclarant que la toiture doit être faite en béton pour éviter celle prévue en tuiles en aérodynamique. Là il s’emportera contre les responsables qui ont conçu un projet de réalisation de ce CSP, dans une commune dépourvue d’assiette foncière, alors qu’une salle omnisports existe à quelques mètres. Ce sera la même chose au nouveau lycée de la localité dont le coût est évalué à 35 milliards de centimes où il décidera de la suppression de la salle de sport qui était prévue du moment que deux salles y sont implantées dans la même poche foncière. Au lieu, dira-t-il, de dépenser cet argent dans la construction d’une salle de sport qui ne servirait à rien, autant le faire dans l’étude d’aménagement et de bitumage de la route qui mène à cet établissement. À Agueni Messaoud, une localité du douar d’Aït Bouissi, en visitant le projet, à l’arrêt par ailleurs, de réalisation d’une quarantaine de logements sociaux, il reprochera au maire de l’avoir prévu alors qu’une zone rurale a, plutôt, besoin d’aides dans le cadre du Fonal. Malgré les explications du maire, le wali restera intransigeant en soulignant sa désapprobation de ce genre de projets. Avant de se rendre à cette localité la délégation wilayale avait visité la polyclinique d’Imdane, un ancien centre de soins érigé en polyclinique en mars dernier. Ce ne sont pas les seuls projets qu’Ouled Salah Zitouni a visité dans cette commune rurale. Plus tôt dans l’après-midi, il avait visité le chantier d’extension du siège de la mairie de la localité dont l’enveloppe allouée était de près de trois milliards de centimes, celui de l’extension de la chaîne de refoulement AEP qui mettra un terme à la pénurie d’eau dans la commune et a procédé à la remise des clés aux bénéficiaires des 40 logements réalisés au lieudit les trois chemins. Bien plus tard, en début de soirée, la délégation wilayale s’est rendue dans la commune voisine du chef-lieu de daïra, Aokas en l’occurrence. La visite de l’ancien centre de tortures Tourneux a été la première halte. Au niveau du chantier de réalisation des 100 logements sociaux, il interpellera l’entrepreneur en charge du projet en lui exigeant une meilleure performance. Le site de réalisation de la salle de sport du lycée Chabane Amar a été également visité avant que la délégation ne se rende au siège de daïra pour constater les efforts déployés en termes d’informatisation du service de délivrance des cartes grises et passeports. Les chantiers d’extension du siège de la mairie, de celui de l’annexe administrative de Tala Khaled, de la protection d’éboulements rocheux de la falaise du cap et du château de la comtesse étaient au programme de la visite du wali. Entretemps, Ouled Salah Zitouni a inauguré le siège de l’antenne communale du quartier de la cité des palmiers où les habitants lui ont réservé un accueil chaleureux pour, ensuite, lui faire part de leurs doléances. Il en a été de même à Tizi N’Berber, comme à Aokas, où le wali a été interpellé par les transporteurs privés assurant la desserte Tizi N’Berber-Aokas qui exigeaient une station, des écologistes qui voulaient mettre un terme à la décharge sauvage du lieu dit les 9 fontaines et à la décharge balnéaire d’Aokas. Pour les transporteurs, il exigera du maire d’Aokas d’affecter ces derniers vers un lieu de stationnement, et pour la décharge d’Aokas, il demandera à l’édile communal de mettre à la disposition d’une entreprise espagnole spécialisée dans le recyclage un terrain pour y installer une déchetterie. La visite du wali a été cette fois-ci, très longue et elle ne s’est achevée qu’au château de la comtesse aux environs de 20 h30. Bien que le nouveau wali ait déclaré multiplier les sorites dans le but de connaître la région et faire un constat des lieux, il n’omettra pas de faire un constat sur la gestion précédente. Selon ses dires, sur 650 milliards des PCD, seuls 100 ont été consommés et sur les 49 milliards de dinars, oui de dinars, des PSD, seuls 18 % ont été consommés par la wilaya de Béjaïa. Un constat qui en dit long sur la gestion antérieure malgré la volonté d’Ould Salah Zitouni d’éviter de casser du sucre sur le dos des autres.
A. Gana

