Les retraités de la région de M’chedallah ne savent plus à quel saint se vouer, pour percevoir enfin leurs pensions en euros auprès de la BADR du chef-lieu de daïra. Dès les premières heures de la matinée, ils sont plusieurs dizaines à attendre que les portes de la banque s’ouvrent. Ils viennent parfois de très loin, et sont obligés parfois de louer des véhicules pour effectuer le déplacement, et bien souvent l’attente s’avère vaine. A l’exemple de K. Tahar, né en 1914, qui dit s’être déplacé trois fois depuis le début de la semaine pour rien : « A chaque déplacment la réponse est la même : ulac l’euro…j’en ai marre, écris que c’est absurde de me faire courir ainsi à mon âge. » Hier, ils étaient encore nombreux à réclamer leurs pensions et surtout à nous interpeller : » Ecris-le dans le journal, que nous faisons quotidiennement le déplacement pour rien. » Auprès du directeur de l’agence BADR de M’chedallah, qui a bien voulu répondre à nos questions, il s’agit là, uniquement d’une simple rupture de liquidités : « Il faut savoir que nous sommes tributairse de la Banque d’Algérie. Nous répondons favorablement aux demandes des citoyens en fonction des liquidités dont nous disposons. Cela arrive que parfois nous soyons à cours, parfois même pour les dinars, mais ce cas de figure est très rare et la situation se débloque rapidement, en général. » Les retraités eux, ne comprennent pas cette « rupture d’euro » qu’ils qualifient d’éternelle et menacent de solder tout simplement leurs comptes dans cette agence, si rien n’est entrepris pour faciliter leurs paiements.
Hafidh. B
