Des dizaines d’enseignants-chercheurs de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, affiliés au Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), ont observé hier, un sit-in devant le rectorat de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, pour exiger la satisfaction pleine et entière de leur plateforme de revendications. Parmi les slogans brandis par les protestataires lors de ce rassemblement il y avait : «A l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, nul ne commettra le sacrilège d’attenter aux libertés individuelles démocratiques et syndicales» ou encore «Rien ne se fera sans les enseignants, et encore moins contre les enseignants». A travers cette action de protestation, les grévistes ont tenu à dénoncer énergiquement la rupture de dialogue avec le nouveau recteur de l’UMMTO, «en qui nous avions pourtant placé beaucoup d’espoir, surtout après une année caractérisée par une grève qui a duré trois longs mois et qui a failli se solder par une année blanche», nous a déclaré le coordinateur du CNES section de Tizi-Ouzou, M. Samy Hassani Ould Ouali. «Nous avons mis les multiples égarements du recteur sur le compte de l’inexpérience et de la méconnaissance de l’institution et de ses traditions, mais aujourd’hui ses vraies intensions son apparues au grand jour», lit-on dans la déclaration qui nous a été remise sur place. «Ce n’est ni l’inexpérience, ni la méconnaissance du terrain qui ont dicté cette attitude, le nouveau recteur est simplement en train d’accomplir la mission pour laquelle il a été nommé : la normalisation et l’éclatement de l’université Mouloud Mammeri», déplorent les rédacteurs du document. Par ailleurs, les représentants des grévistes ont tenu à souligner que «la section CNES de l’UMMTO n’a cessé d’appeler à un dialogue franc et sincère pour, d’une part, s’assurer de la bonne exécution du protocole d’accord conclu entre le CNESTO et l’université Mouloud Mammeri, et d’autre part, préparer la nouvelle année universitaire, qui de l’avis de tous s’annonce difficile». Ils salueront au passage «la relation de partenariat social (CNES- wilaya)» qu’ils ont qualifiée de «très bonne», affirmant que «le nouveau wali de Tizi-Ouzou a honorablement reçu la délégation des représentants des enseignants du CNESTO. Son message était limpide et rassurant». A l’inverse, poursuivent-ils dans le même sillage, «plusieurs délégations de représentants des enseignants du CNESTO ont été dépêchées auprès du nouveau recteur de l’UMMTO et ont relevé sa non disponibilité clairement affichée, au dialogue. Bien au contraire, il a désigné un véritable tribunal pour juger les deux syndicats représentatifs à l’UMMTO, le CNES et le SNAPAP». Sa démarche n’a pour but, selon les syndicalistes, que «la mise au pas et le musèlement de l’UMMTO par l’isolement des instances dirigeantes du CNESTO, de sa base, et l’assouvissement des appétits des charognards qui ne désespèrent pas de dépecer l’UMMTO». En outre, le coordinateur du CNESTO tiendra à préciser, à l’endroit de ceux qui misent sur l’essoufflement de leur mouvement de protestation, qu’il n’en sera rien : «A ceux qui pensent que nous allons baisser les bras, nous leur disons qu’ils se trompent. Notre combat est juste et nous le poursuivrons jusqu’au bout», tonnera M. Ould Ouali, soulignant que la suite à donner à leur mouvement de protestation se décidera comme à chaque fois en assemblée générale. Le représentant local du CNES annoncera la tenue prochaine de deux séminaires, l’un sur le syndicat et l’autre sur l’université et le système LMD, car «il est temps qu’on ait un projet pour l’université algérienne», conclura-t-il.
Taous C
