Le litre de lait de vache va rapporter 3 DA de plus aux producteurs – Le conseil régional interprofessionnel de la filière lait insatisfait

La décision prise par le ministère de l’Agriculture d’augmenter de 2 DA le taux de subvention de l’État pour un litre de lait n’a pas recueilli la satisfaction des éleveurs à Tizi-Ouzou. Le conseil régional interprofessionnel de la filière lait a affiché son mécontentement, jugeant l’augmentation «non satisfaisante». Après nombre de négociations et de rencontres entre les représentants des éleveurs et producteurs de lait sur le territoire national avec le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et après les mouvements de protestations, une ultime entrevue a eu lieu, hier, entre les deux parties. La rencontre a permis de dévoiler certaines mesures prises par la tutelle, pour répondre aux multiples revendications des éleveurs. Une en particulier a été le cheval de batail des éleveurs, notamment ceux de Tizi-Ouzou sous la houlette du conseil régional interprofessionnel de la filière lait. Il s’agit du prix de vente du litre de lait et de la nécessité de revoir à la hausse le taux de subvention de l’État. D’après M. Rabah Ougmat, président du conseil régional interprofessionnel de lait, contacté hier par nos soins, le ministre a certes accepté cette demande, un acquis pour les concernés, sauf que le taux proposé «est beaucoup inferieur à notre attente», soulignera-t-il. Ainsi, explique M. Ougmat, «le ministre a proposé une hausse de seulement deux (02) dinars à la subvention ingérée sous l’appellation d’agrément sanitaire». Cette dernière qui était de 12 dinars passe ainsi à 14 dinars, selon le même représentant des éleveurs et producteurs de lait. Par ailleurs, les laiteries ont, elles aussi, été invitées à participer à cet «effort» du ministère, en ajoutant de leur part un dinar au prix d’achat qui était de 35 DA et qui passe ainsi à 36 DA. Pour résumer, le litre de lait de vache récolté par les éleveurs leur rapportera, désormais, 50 DA au lieu des 47 qu’il recevait jusque-là. Un apport toujours «insuffisant pour les concernés», soutenait, hier, M. Ougmat, affichant son mécontentement d’une telle décision du ministère. Pour lui, les producteurs de lait s’attendaient à «un minimum de 62 DA le prix de revient du litre de lait, entre l’apport de l’État et celui des laiteries». Car, pour lui et comme le conseil ne cesse de revendiquer, les calcules faits sur la base de ce que demande l’entretient d’une vache pour donner du lait, du coût du son, pour ne pas sortir perdant, l’éleveur doit vendre à au moins 62 DA. «Le ministre nous a affirmé que son département ne peux nous accorder que ces deux dinars de plus et que ça, déjà leur demandera beaucoup en terme de dépense», ajoute-t-il. Or qu’actuellement, «l’éleveur est dépassé et se retrouve à donner plus qu’il ne reçoit», poursuit le même représentant des éleveurs. D’autres mesures ont été décidées par la tutelle afin de répondre aux doléances des éleveurs. Comme c’est le cas d’accorder aux coopératives «afin de les répartir entre les éleveurs», explique M. Ougmat. Une manière de se réapproprier, un tant soit peu, le marché de cet aliment de bétail livré aux mains des spéculateurs. Ce dernier est, d’ailleurs, devenu inaccessible pour les Fellah. Mais là encore, le président du conseil déplore la décision de «n’octroyer cet aliment qu’à hauteur de 4 kg par vache». Pour les autres mesures, il affirme qu’ «elles vont être communiquées très prochainement». Car, dans un premier temps et pour afficher le mécontentement des éleveurs de la wilaya de Tizi-Ouzou face aux décisions prisent par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, notamment celle relative à la subvention, le conseil régional interprofessionnel de la filière lait compte initier une conférence de presse dans les prochains jours. En parallèle, le conseil compte carrément ne pas céder le lait. «Nous allons le garder chez nous et nous allons vendre au plus offrant», dira M. Rabah Ougmat. Ainsi et face à la ténacité du ministère de tutelle, le lait de vache va désormais être proposé à la vente aux enchères à Tizi-Ouzou.

Tassadit Ch.