Tizi-Ouzou Cours d’alphabétisation – Le déficit en enseignants déploré

Le déploiement des cours d’alphabétisation pour adultes initiés par l’association Iqraa ne se fait pas à travers les régions les plus éloignées de Tizi-Ouzou. Une situation due en grande partie au manque criard d’enseignants, c’est ce qu’a soutenu le secrétaire général de l’association Hocine Khelid qui parle de quelque 5 500 adhérents seulement à son association.

C’est pratiquement au niveau du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou et des importants pôles urbains que les cours d’alphabétisation pour adultes regroupent des adhérents. Et pourtant, la demande existe aussi ailleurs, mais l’association ne parvient pas encore à se déployer ailleurs dans les villages les plus éloignés. Le secrétaire général de l’association d’alphabétisation en direction des personnes adultes, tout en affirmant la présence d’une demande d’accès à ces cours dans ces régions, soutient par ailleurs que le manque criard d’enseignants devant prendre en charge les classes ne facilite pas la tâche. Hocine Khelid, présent lors du coup d’envoi de la première séance d’alphabétisation en Tamazight, a expliqué que ce n’est pas la ruche pour la prise en charge des classes d’alphabétisation. Assurant que le nombre d’enseignants et d’animateurs est réduit, puisque, actuellement, l’association en compte quelque 192. Un nombre qui ne répond pas à la demande exprimée en termes de prise en charge, donnant ainsi lieu au déficit important dans ce même cadre. Le secrétaire général assure d’ailleurs qu’un encouragement est d’ailleurs de mise afin de persuader les enseignants à se présenter pour prendre en charge ces classes spéciales. Par ailleurs, même le nombre d’adhérents à l’association a diminué. Ainsi, soutient-il, si en 2014 l’association Iqraa a enregistré quelque 7 mille adhérents à travers la wilaya, cette année, leur nombre a diminué pour atteindre les 5 500. Et ce n’est sans doute pas parce que dans la wilaya, il n’y a plus d’analphabètes. En plus du manque d’engouement d’enseignants, des membres de l’association estiment que l’ouverture d’autres perspectives pour les personnes n’ayant pas un niveau scolaire satisfaisant, est derrière cette recrudescence, citant ainsi la prolifération de centres de formation et d’enseignement professionnels. Ces derniers, tout en offrant une panoplie de choix pour l’apprentissage d’un métier et d’un savoir-faire, ouvre les portes au monde du travail. Ainsi, selon toujours les membres de l’association, pour la majorité des personnes qui entrent dans la catégorie des analphabètes, les plus jeunes notamment, il est facile de choisir entre une formation artisanale qui ouvre des protes commerciales qu’une autres basée uniquement sur l’apprentissage «scolaire». Ceci dit, l’association continue d’attirer des candidats à l’apprentissage appliqué. Cette année, en plus de l’arabe et du français, cours assurés à Tizi-Ouzou, deux classes ont été ouvertes pour l’apprentissage en Tamazight. L’expérience en cours depuis samedi dernier, va être évaluée en juin prochain afin de décider notamment d’un éventuel élargissement de ce dispositif.

T. Ch.