Avant-hier jeudi, les primes de rendement semestrielles des travailleurs de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou ont été finalement versées. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre aux quatre coins de la wilaya. D’ailleurs, des chaînes interminables étaient visibles devant les centres payeurs d’Algérie Poste. Certes, cette nouvelle a réjoui les grévistes, mais ce sont plutôt les petits potaches privés de cours depuis le neuf janvier dernier, après que le SETE/UGTA eût appelé à un mouvement de grève, lesquels reprendront le chemin de l’école après plus de quinze jours de congé forcé. L’inquiétude s’est installée au sein des familles en voyant toujours leurs enfants utilisés comme boucliers à chaque fois qu’un conflit oppose les travailleurs à leur tutelle. D’une source proche de la direction de l’éducation, nous avons appris que cette prime a été versée dans les délais. Plusieurs enseignants qui n’ont pas adhéré au mouvement de grève pensent que rien n’a été réglé. « Il n’y a pas que la prime de rendement qui est versée en retard. Je me demande si réellement les problèmes de l’enseignant ne se limitaient qu’à cela », nous a déclaré un enseignant de Draâ El-Mizan, non gréviste, pourtant adhérent à l’UGTA. « Où est la prime de scolarité ! Alors que celle-ci devrait être versée au salarié au plus tard le mois d’octobre. Sinon, ce n’est plus une prime de scolarité », a-t-il enchaîné. Effectivement, renseignements pris auprès de plusieurs travailleurs du secteur, cette prime n’est pas encore réglée. Le mécontentement au sein des travailleurs affiliés au SETE augmente car de nombreuses situations sont toujours en suspens. « J’attends les indemnités des heures supplémentaires depuis 2001. Personne n’en parle. Je pense qu’elles sont classées aux oubliettes », dira cette enseignante de Boghni. Pour un syndicaliste fervent défenseur des travailleurs du secteur, « le problème ne se pose pas seulement pour le versement de telle ou telle prime, mais il est beaucoup plus complexe que tout le monde ne le pense. Il faudrait assainir d’abord les services de l’académie, puis, l’état nominatif pour en discuter après », nous a confié ce syndicaliste. Ceci étant, les relations personnelles avec la tutelle ne seront pas au beau fixe jusqu’au réglement définitif de toutes les situations pendantes, depuis la centralisation de la paie (primes de scolarité, versement des arrièrés de salaires, régularisation financière des échelons), et surtout le paiment des salaires des vacataires depuis 2002. « J’ai assuré une suppléance de congé de maternité en 2003. Je pense aujourd’hui que je n’ai fait que du bénévolat. Toutes mes réclamations sont restées vaines », nous a lancé cette jeune fille devant le siège de la direction de l’éducation.
H. N
