Ath Hamadh est le village le plus haut de la commune de Saharidj après les deux villages d’Iwakouren, il culmine à quelque 1 000 mètres d’altitude en haute montagne sur le flanc Sud-ouest du majestueux Yemma Khelidja en bordure de la RN30.
Ce village qui abrite environ 5 000 âmes, accuse un grand retard sur le volet développement. Bien plus grave, le peu d’ouvrages d’utilités publiques réalisés jusque là affichent une dégradation effrénée et ce, à cause du vent dominant auquel ils sont exposés et des changements climatiques, particulièrement durant la saison humide, soit durant une bonne moitié de l’année. Mais le peu ou l’absence d’opérations d’entretien explique aussi ce délabrement, qui se généralise et qui prend de l’ampleur au fil du temps. À commencer par l’unique voie d’accès entre le village et la RN30 distante d’environ 1 000 m, complètement défoncée après le passage du réseau du gaz naturel et de l’AEP depuis deux ans, qui n’ont pas été suivis par l’obligatoire remise en état des lieux- la dernière close de tout cahier des charges-. Cela ajouté à des opérations à moitié réalisées, tels que le raccordement en électricité sachant que la partie supérieure du village Ikherchane, un quartier qui comprend 120 foyers, n’a pas encore bénéficié de cette commodité elle est aussi alimentée en AEP à partir du captage d’El Ainser Tissighet, dont le réseau ancien usé est truffé d’avaries ce qui fait que l’eau se perd en cour de route et n’arrive pas dans les robinets, et elle n’est même pas raccordée au réseau d’assainissement. Au niveau de la partie inférieure qui est l’ancien village, la même contrainte se pose avec acuité à cause de fréquentes pannes au niveau des pompes de refoulement du réseau d’AEP desservi à partir de la source noire, El Ainser Averkane, dans cette ancienne cité. Nous avons remarqué de visu, lors de notre tournée, que d’énormes pans des anciennes maisons abandonnées, risquent de s’effondrer à tout moment et constituent un effroyable danger pour les passants qui empruntent la rue principale, ils ne tiennent debout que par miracle et un fragile équilibre, le moindre coup de vent les jetterait par terre. Dans ce quartier qui forme le gros du village, les rues non aménagées sont toujours à l’état de pistes en terre battues, poussiéreuses en été et boueuses en hiver, où il n’est pas aisé de se déplacer, notamment de nuit sachant que l’éclairage a cessé de fonctionner depuis les lustres. Selon plusieurs riverains venus à notre rencontre et qui se désolent du fait que ces contrées isolées sont complètement ignorées par les pouvoirs publics, comme en témoigne l’état de dégradation de l’unique école primaire baptisée au nom du chahid Messaoudène Ahmed, dont deux classes ont été fermées depuis l’année dernière, par mesure de sécurité après une détérioration de la toiture en tuile. Une dégradation qui est aussi à l’origine d’une importante infiltration des eaux pluviales, ajouté aux risques d’électrocutions à partir de l’installation électrique, noyée par ces infiltrations. Les enseignants se sont vus contraints d’opter pour la double vacation pour permettre à la centaine d’élèves de suivre leur cours menés sous forme de marathon 8h/17h sans interruption. À cela s’ajoute l’instabilité des enseignants à majorité féminine à cause d’un manque flagrant de moyens de transport, qui fait cruellement défaut dans ces régions de haute montagne. Dans cette école, l’on est toujours au tableau noir en bois vermoulu et à la craie comme au bon vieux temps en parallèle à l’absence de toilettes pour le personnel enseignant et administratif qui partage celle destinée aux élèves. Il a été aussi relevé dans ce village perdu, l’absence d’internet, bien que le réseau de la fibre optique a été réalisé depuis une année, sans les équipements nécessaires. Le seul fait satisfaisant à Ath Hamadh est celui du gaz naturel, dont des accordements individuels frôlent les 90%. Notons enfin qu’en matière de divertissements et loisirs, les jeunes d’Ath Hamadh n’ont d’autres lieux de rencontre que le dessous de quelques chênes centenaires pour «tuer le temps» des jeunes ravagés par le chômage et l’oisiveté.
Oulaid Soualah

