Béjaïa Les immondices jonchant les coins et recoins de la wilaya interpellent peu – L’environnement, l’affaire de tous

La dégradation de l’environnement se pose avec acuité dans la wilaya de Béjaïa. Il n’y a aucun coin épargné par la pollution. La saleté et les immondices sont constatées partout.

Ils sont devenus maîtres des lieux dans les villages et villes, les routes et même dans la capitale des Hammadites. Le nouveau wali de Béjaïa était ébahi à son arrivée par cette dégradation de l’environnement dans une wilaya qui était autrefois un havre de propreté et de tranquillité réputée pour son histoire millénaire accueillant de grands savants, à l’image d’Ibn Khaldoun, et pour son tourisme côtier et de montagne qui attire chaque année des milliers de vacanciers. Toutefois, les associations tentent tant bien que mal de les ressusciter en organisant des actions ça et là. Le premier magistrat de la wilaya a donc fait un amer constat de l’état des lieux, ce qui l’a emmené à prendre en urgence les choses en main en commençant à lancer des appels en direction de la société civile, des communes et tout autre organisme pouvant aider à mettre fin à ces saletés qui ne sont pas sans risques sur la santé des humains. Il a, dans ce cadre, lancé une campagne de sensibilisation sur la préservation de l’environnement tout en exigeant des opérations de nettoiements d’envergure qui ne devaient en aucun cas s’essouffler. Il a même fait un décret en la matière prévoyant des sanctions à l’encontre des pollueurs. Toutes ces actions du premier magistrat de la wilaya ont porté leurs fruits et semblent suivies à la lettre par les APC, en mettant en place des équipes de nettoyage qui travaillent sans relâche depuis déjà belle lurette, sillonnant les fossés et accotements. On les rencontre d’ailleurs sur les routes, tenant un sac d’une main et de l’autre main ramassant des détritus. Jusqu’à présent, la situation semble maîtrisée malgré les pollueurs récalcitrants qui ne veulent pas adhérer à cette louable opération en continuant à jeter les ordures ménagères et les emballages de bière, sacs et bouteilles en plastic sur les accotements de routes et autres endroits. Auparavant, les associations, les APC et autres ont mené des actions de sauvegarde de l’environnement en initiant des campagnes de nettoiement et de sensibilisation des citoyens sur la nécessité de préserver notre environnement mais qui, malheureusement, ont toutes été échouées par manque de suivi. Les immondices revenaient de nouveau quelques jours après le nettoiement des lieux. Autrefois, nos villages de Kabylie étaient des havres de propreté grâce au civisme des citoyens, qui respectaient la nature en préservant l’environnement. C’est vrai qu’il n’y avait pas à cette époque les sacs, bouteilles ou jerricans en plastic. Les ustensiles sont en terre cuite ou en fonte, les récipients d’eau sont en peau de chèvre (Azalouk) ou des jarres en terre cuite. Les gens s’approvisionnaient dans des couffins en osier. Il n’y avait pas aussi de conduites d’assainissement dont les eaux usées sont déversées dans les rivières. Les gens travaillaient la terre à longueur d’année et sont constamment dans les champs. Ils ne prennent pas avec eux des gourdes d’eau. Ils buvaient dans tout ruisseau ou rivière et même l’eau d’une emprunte d’un sabot de cheval, sachant qu’elle est propre. Ce bon vieux temps reste un vague et lointain souvenir. Aujourd’hui, dans beaucoup de villages, les ruraux ne s’imprègnent pas de la vie moderne en refusant d’accepter les poubelles que leurs offres leurs municipalités. Ils sont devenus pollueurs en jetant leurs ordures ménagères sur les accotements de routes. Ce qui est encore plus navrant, ces déchets sont ramenés dans les coffres de voitures. Donc, ils ont la possibilité de les jeter dans les poubelles de n’importe quelle ville qu’ils traverseraient mais ils préfèrent souiller les accotements des routes qu’ils empruntent chaque jour et par ricochet, les nuisances des visages hideux qu’offrent ces routes et les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent des tas d’immondices qui jonchent leurs accotements, ce sont eux qui les supportent. La préservation de l’environnement est l’affaire de tous et le civisme doit être de mise. Chaque personne qui voit une autre personne en train de dégrader l’environnement, doit le raisonner à ne plus le faire ou le signaler à qui de droit pour qu’il soit sermonner. Les associations et les organismes agissant en la matière doivent aussi continuer à mener des conférences qu’animeront des spécialistes et des campagnes de sensibilisation envers les citoyens pour leur expliquer les dangers de la pollution sur la santé des humains, de la faune et de la flore. Et ce n’est que de cette façon qu’on pourrait gagner cette bataille contre les pollueurs et la pollution qu’ils génèrent. Tous ensembles, la main dans la main pour rendre nos villes, villages, routes&hellip,; propres comme ils étaient au temps de nos aïeux.

L. Beddar