Les étudiants du département des langue et culture amazighes de l’université Akli Mohand Oulhadj, ont observé, hier, une journée de grève suivie d’une marche vers le siège du rectorat de la même université.
Les étudiants protestataires, encadrés par les membres du comité autonome du département, le CDLCA, réclament l’amélioration des conditions de scolarisation au sein du département. Une situation jugée catastrophique par les étudiants et qui, selon eux, «ne s’est jamais améliorée, malgré les engagements des responsables de la faculté et de l’université», ajoutent-ils. Ainsi et lors d’une assemblée générale du département, les syndicalistes du CDLCA ont tenu à énumérer les différentes revendications qu’ils ont soulevées. À commencer par le manque flagrant des salles de cours et des moyens pédagogiques, dont souffre, depuis plusieurs années, ce département. «Notre département manque de moyens pédagogiques nécessaires à l’aboutissement de notre cursus, à l’image des salles de cours, des amphithéâtres, des ouvrages scientifiques, mais d’enseignants spécialisés, car la majorité de nos professeurs sont des vacataires», dira l’un des membres du CDLCA. Les étudiants ont soulevé également les problématiques de la transcription des diplômes de fin d’études et des plaques d’orientations en langue amazighe. «Nous étudions Tamazight, alors nos diplômes doivent être transcrits dans cette langue au même titre que le français et l’arabe. De même pour les plaques signalétiques de notre département, qui devront être écrites en Tamazight également», souligne un autre intervenant. Vers la fin de leur AG, les étudiants ont improvisé une marche qu’ils ont conduit vers le siège du rectorat, et ce, dans l’objectif «de sensibiliser le reste des étudiants sur nos revendications». Les représentants des protestataires ont été par la suite, reçu par le recteur de l’université ainsi que le doyen de la faculté des langues et des sciences humaines, où une copie des revendications des étudiants leur a été remise. Une assemblée générale élargie s’est tenue, par la suite, en présence des étudiants dudit département ainsi que les responsables de l’université dont le recteur. Les étudiants ont eu ainsi à exposer leurs doléances au premier responsable de l’université et à débattre de la situation de leur institut. En répondant à ces préoccupations, le premier responsable de l’université s’est engagé à satisfaire l’ensemble des revendications des étudiants. Contacté par nos soins pour savoir sa version des faits, le doyen de la faculté des langues et des sciences humaines, dont dépend le département de Tamazight, a affirmé que l’ensemble des points soulevés par les étudiants sont actuellement en cours de concrétisation. D’après le même responsable, les prochains diplômes seront transcrits dans la langue de Massinissa. Notre interlocuteur souligne aussi qu’un fichier général des plaques signalétiques de la faculté est actuellement en cours de réalisation. Concernant les salles pédagogiques, notre interlocuteur a noté que le département de Tamazight sera prochainement délocalisé vers les locaux de l’institut de sport de la même université et ce, en attendant la réalisation d’un nouveau département au niveau du pôle universitaire. «Nous projetons la réalisation de plus de 1 000 places pédagogiques, destinées au département de Tamazight, dans le cadre du plans quinquennal 2015-2019». À propos du manque d’enseignants, le même responsable n’a eu qu’à confirmer la doléance des étudiants, tout en affirmant que «c’est un problème d’ordre national. Mais nous faisons de notre mieux pour combler le manque en engageant chaque année des docteurs et des maîtres assistants. Nous misons aussi sur la formation, et nous sommes actuellement dans la troisième promotion de doctorat à Bouira». Pour sa part, le directeur de la bibliothèque centrale de l’université a tenu à rassurer les étudiants sur la disponibilité des ouvrages nécessaires à leur formation ainsi que l’ouverture, dorénavant, de la bibliothèque du département les journées du samedi.
O. K.

