»Contrairement aux autres pays, la commission de contrôle des sociétés d’assurance n’existe en Algérie que depuis 2006, et on ne peut donc pas s’étonner de l’insuffisance du nombre de bénéficiaires des indemnisations parmi les victimes des accidents », a déclaré le PDG de la direction régionale de la société algérienne d’assurance, M. Bensaci, lors de l’allocution qu’il a prononcée, avant-hier à la salle de l’INPED, devant les cadres de l’instance précitée et des juristes des cours de Tizi-Ouzou, Boumerdès et Bouira. Le responsable régional de la SAA enchaînera : »Si nos concitoyens n’ont pas une culture pour l’assurance, cela est principalement dû à la politique initialement suivie par l’État juste après l’indépendance, puisque deux organismes seulement y avaient été créés dans ce domaine précis ». Il ne pouvait, évidemment, y avoir une concurrence entre deux institutions, toutes les deux étatiques, comme la SAA et la CAAR. »Sans concurrence, on ne pouvait s’attendre à l’amélioration des prestations, susceptibles d’augmenter le nombre des clients et de les fidéliser », a-t-il renchéri, en précisant que des modifications ont été timidement introduites au milieu des années 1980, période de création d’une autre institution d’assurance dénommée CAAR, suivies d’autres organismes privés. M. Bensaci a intervenu, alors, lors d’un tête-à-tête principalement consacré aux questions des assurés et autres victimes ou ayants droit. À retenir aussi la conférence du directeur de l’organisation et des conflits au niveau de la SAA, M. Ben Kara, ayant énuméré cinq conditions fixant l’obligation de versement des indemnisations à l’assuré vérification du risque assuré inscrit sur l’acte établi entre le client et l’organisme d’assurance, existence d’une déclaration de la part de l’assuré conformité entre la période d’établissement du document et la date de l’accident concerné qui est exclusivement matériel, pour en évaluer les dégâts sans difficultés. Parlant dans cette optique de l’assurance des véhicules, le conférencier explicitera l’article 16 bis de la loi 31/88 du 19/07/1988, qui oblige l’assuré à se présenter avec d’autres personnes concernées devant le tribunal pénal de la circonscription, sous peine de perdre ses droits au service des indemnisations. Ayant pris la parole, à tour de rôle, des avocats ont, toutefois, demandé aux responsables de la SAA des éclaircissements sur les dispositions juridiques liées aux assurances, et ce, en matière des véhicules et de transport maritime. Il leur a été rappelé que le montant de l’indemnisation de la victime d’un accident routier, ou d’un ayant droit, et laissé à l’estimation du juge ayant examiné l’affaire. Souvent, le verdict du magistrat fait l’objet d’un recours, ce qui retarde le dédommagement du client. »Quel intérêt peut trouver l’assuré qui perçoit ses indemnisations avec un retard de plusieurs années », s’interrogera un avocat de Tizi-Ouzou, en pensant certainement à la dévaluation du dinar. Les dispositions juridiques se rapportant aussi bien aux dédommagements corporels qu’à la détérioration des véhicules ou de biens immobiliers, avaient été explicitées au cours du débat ». Des changements en matière de législation ont été introduits à juste titre, obligeant notamment le citoyen à assurer son appartement, après le séisme d’il y a plus de douze ans à Boumerdès, a-t-on noté. Et l’objectif principal d’une telle rencontre »est de montrer à la clientèle les assurances multirisques que peut couvrir, à l’heure actuelle, notre organisme », a indiqué pour sa part, la responsable de la communication de la SAA, Mme Fares. «Une société qui avait réalisé en 2014 un bénéfice de 12 milliards de DA», avait souligné son président directeur général, dans un point de presse.
Salim Haddou
