A Tizi-Ouzou aussi on s’attelait hier à marquer la journée de sensibilisation contre le SIDA, initiée par la radio nationale. En effet, sous l’égide de la radio locale, nombreuses étaient les associations mais aussi les simples citoyens qui se sont regroupés, hier, sur la place de l’ex-hôtel de ville pour participer à cette journée de sensibilisation. L’action intervient à quelques jours de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA qui coïncide avec le 1er décembre de chaque année. La Radio nationale a programmé pour la journée d’hier, sa sixième édition de la campagne de sensibilisation «Main dans la main contre le SIDA». Et cette année, les radios régionales ont été mobilisées afin d’y participer. C’est dans ce contexte que la radio de Tizi-Ouzou a ouvert ses ondes pour le programme spécial sensibilisation mis en place au niveau national. Avec des émissions spéciales et des interventions de médecins et spécialistes, en plus d’activistes et d’associations militantes, en plus du regroupement sur la place de l’ancien hôtel de ville. Un programme qui a regroupé nombre d’association activant dans la wilaya, leurs adhérents mais aussi de simples citoyens qui se sont donné rendez-vous. Sur place, on a ainsi pu croiser les associations ‘’Femme active’’, ‘’Les amis de la route’’, Le sourire des anges’’, l’Odej, la direction de la jeunesse et des sports ainsi que des adhérents aux mouvements volontaires. Vers 11 heures, et après avoir réuni un nombre important de participants qui se comptaient en dizaines, des étudiants, mais aussi d’autres catégories de la société se sont prêtés à la thématique. En effet, main dans la main, une chaine humaine s’est créée pour pouvoir par la suite former le signe de la lutte contre le Sida. Pendant un bon moment, les adhérents à l’initiative sont restés là mains dans la main, devant les passants qui s’arrêtaient, curieux de savoir de quoi il s’agissait. Et nombreux étaient ceux ayant salué cette initiative dans un lieu public au milieu de la population. Ce fut une manière efficace de toucher le plus de personnes possible et de leur rappeler que cette maladie aux retombées catastrophiques existe toujours et que la prévention demeure le moyen de lutte le plus efficace. Les citoyens n’ont pas manqué de déplorer l’insuffisance de ce genre d’initiatives. Un jeune, rencontré sur place, dira : «Au lieu que ces campagnes de sensibilisation soient occasionnelles et organisées uniquement à des dates commémoratives, il serait plus judicieux et utile de les organiser plus souvent». L’occasion était aussi pour le mouvement associatif d’insister sur les moyens de prévention, dont la sensibilisation et l’information, afin notamment de lever les tabous qui entourent cette maladie qui laissant ainsi un libre terrain pour sa propagation, encouragée par l’ignorance et l’insouciance. La raison de ce tabou dans une société conservatrice est le principal mode de transmission du VIH, puisque dans la majorité des cas, le virus se transmet par voie sexuelle, lors de rapports sexuels non protégés. Mais il y a d’autres modes de transmission déclarés, notamment par le sang, comme un contact avec du sang contaminé et la transmission du virus d’une mère à son enfant, pendant la grossesse. Et face à la propagation sérieuse de la maladie, déplorée par nombre de spécialistes et de médecins, en parler demeure la meilleure arme de lutte. Le tabou est aussi l’une des raisons qui font que les statistiques relatives au SIDA présentés à chaque occasion ne reflètent en rien la réalité du terrain. Parler de sensibilisation, c’est aussi parler du dépistage auquel doivent se soumettre les personnes qui se sentent exposés. D’autant plus que l’anonymat est un détail bien respecté au niveau des centres de dépistage et de prise en charge des séropositifs, comme celui dont dispose depuis peu le centre hospitalo-universitaire de Tizi-Ouzou érigé en centre de référence nationale de lutte contre le SIDA. Une manière d’éviter la stigmatisation des personnes atteintes. Il est à noter que, cette année, la campagne de sensibilisation, organisée annuellement par la radio nationale, s’est aussi basée sur la plateforme virtuelle, avec notamment la présentation et la diffusion, à travers les réseaux sociaux, d’enregistrements de citoyens ayant adhéré à la campagne «Main dans la main».
Tassadit. Ch.
