»La sous-location est interdite »

L’AADL, selon son directeur général, Kheireddine El Walid, qui s’exprimait hier sur les ondes de la Chaîne III, prévoit de livrer 19 000 logements en 2006, et 17 000 en 2007. « Pour le programme 2001, on a livré 18 700 logements, sur les 20 000 prévus, il en reste 14 000 qui seront achevés au cours de cette année », a souligné le DG de l’AADL. Il précisera aussi que l’agence a consommé la moitié des ressources financières initialement prévues pour la réalisation des programmes qui s’élèvent à 1,9 milliard USD. « Notre objectif est d’achever en totalité le programme location-vente », dira encore El Walid, qui ajoutera que l’AADL a délaissé ses autres missions, pour ne se consacrer qu’à la location-vente, au point d’en être « déroutée ». Le boss de l’AADL promet que les retards seront rattrapés et que les difficultés rencontrées les années précédentes font désormais partie du passé. Il se livrera ensuite à un exposé sur les raisons des retards accumulés dans l’exécution des programmes d’une formule de construction de logement qui a « fait mouche » depuis son lancement, au vu de l’engouement qu’elle a suscité. « Depuis le démarrage, on a vu la combinaison de plusieurs facteurs retardant le bon déroulement des travaux », soutient El Walid. Il y a tout d’abord le problème du foncier. « Nous nous sommes retrouvés à construire sur des assiettes à haute valeur financière en raison du déficit en matière de foncier notamment à Alger. Certes, tout les sites sont constructibles, mais il faut payer le prix, car la nature géotechnique des sols n’est pas la même partout », souligne le patron de l’AADL, qui s’appuiera pour étayer ses propos sur le site de Bab Ezzouar, une zone marécageuse, qui a nécessité l’implantation de 35 000 pieux avant d’entamer les travaux de construction. L’invité de la Chaîne III évoquera ensuite l’insuffisance en matière de capacités de réalisation et de main-d’œuvre qualifiée. L’outil de réalisation national public et privé, était, affirme l’orateur, dénué de moyens et de savoir-faire en matière de construction de tours, à l’exception des quelques privés « costauds ». Ajouter à cela le manque de main-d’oeuvre local qualifiée. « L’expérience de l’AADL a servi de leçon à nos opérateurs nationaux du secteur du bâtiment, qui commencent à acquérir le savoir-faire et les moyens conséquents », estimera la même source. Des entreprises étrangères engagées dans la réalisation des programmes de l’AADL, ce sont les Chinoises qui s’accaparent la plus grosse part de marché avec un taux de 45% de l’ensemble des logements. La maladie du SRAS en 2002-2003 a joué en défaveur de l’AADL, puisque les opérateurs chinois se sont retrouvés face à un déficit d’effectifs en provenance de l’Asie. « Le contrat avec ces partenaires prévoit la possibilité de recruter 40% de la main-d’oeuvre sur le marché local. A terme, ces entreprises n’ont pu engager que 900 agents contre les 9 000 requis », a expliqué le premier responsable de l’agence. Ce dernier indiquera qu’il n’y a pas de contentieux à signaler avec les entreprises étrangères, à l’exception de la résiliation du contrat qui lie l’AADL avec une des 04 sociétés chinoises, intervenue en raison d’une défaillance liée à l’exécution des programmes confiés à celle-ci. A propos des prix de cession, le DG de l’AADL dira que ceux-ci varient selon certains critères dont la nature du terrain qui porte l’immeuble. Ils vont de 18 000 à 24 000 DA le m2 habitable, ce qui fait à peu près 140 millions de centimes pour un F3 et 170 pour un F4. « Ce ne sont pas des prix administrés », a-t-il insisté. Il fera savoir que 91% des locataires paient leurs échéances, seuls 9% règlent leur dû avec du retard. El Walid avertira ceux qui auront l’idée de sous-louer leurs logements, qu’ils iront au-devant de sanctions comme le stipule l’article 18 du contrat de location. L’architecture des bâtisses est conçue et réalisée avec des fonctions intégrés : logements, commerces, services et autres commodités. Les locaux commerciaux seront mis aux enchères par des commissions qui seront installées prochainement…

Elias Ben