Depuis plus de deux ans, le nombre de retraités augmente chaque année.
Si les années 2014 et 2015 ont connu de nombreux départs en retraite à moins de soixante ans, leur nombre serait encore plus grand l’année prochaine. Ainsi, déjà pour ceux qui ont déposé leurs dossiers pour jouir de leur retraite en septembre 2016, leur nombre a atteint plus de mille deux cents dossiers. « On dirait que ce sont tous les fonctionnaires qui veulent sortir en retraite », nous dira un enseignant du primaire que nous avons accosté devant le bureau des retraités de l’académie où il a déposé son dossier, alors que certains d’entre eux sont venus s’enquérir de la suite donnée aux leurs. » Je ne peux pas vous dire si votre dossier est déjà étudié. Nous avons plus de mille deux cents dossiers à traiter sans compter ceux qui arrivent presque chaque mardi. Actuellement, nous avons deux grandes salles où deux ateliers sont à pied d’œuvre. Laisse-moi un peu de temps pour t’en renseigner », lui répondra le préposé chargé de la réception des dossiers. C’est dire que le secteur de l’éducation se vide de toutes ses compétences. Non seulement, nous avons rencontré des enseignants, mais, des ouvriers professionnels aussi viennent s’informer sur ce qui sera nouveau en 2016 au sujet du régime des retraites. » Je n’en sais rien. Pour le moment, nous n’avons rien reçu à ce sujet. La loi sur les retraites est toujours de vigueur », lui signifiera le même préposé. Ce que nous avons remarqué est que plus de 80% des demandeurs sont ceux qui souhaiteraient partir en retraite avant 60 ans. » Depuis que le Premier ministre avait annoncé que la retraite dite proportionnelle sera supprimée, je suis vraiment inquiète. Bien que je n’aie accompli que vingt-huit ans de service, j’ai décidé de demander ma retraite. Je n’en peux plus », nous dira cette institutrice tenant son dossier sous son bras. Ainsi donc, une autre saignée est attendue dans le secteur pour la rentrée scolaire prochaine. Le ministère de l’Education doit d’ores et déjà songer à remplacer tous ces départs en retraite. Mais, ce qui est à craindre, tout comme dans la fonction publique, où la décision de ne plus remplacer les postes administratifs vacants a été prise, est que dans l’enseignement, le nombre de postes ne le soit pas aussi. Ce qui nous fera revenir à l’époque où le nombre d’élèves atteignait la cinquantaine par classe d’un côté et d’un autre côté recourir même à des entreprises privées qui se chargeraient de la restauration et d’autres prestations, et par ricochet, opter pour la compression d’effectifs. Ce n’est qu’une hypothèse, mais à entendre les responsables parler de coupes budgétaires, c’est à prendre au sérieux.
Amar Ouramdane

