Un office de tourisme local sera créé dans la commune d’Aït Boumehdi, en collaboration avec le parc national du Djurdjura (PND). Il s’agit là d’une annonce qui a été faite, lundi dernier, par M. Haroune Moussa, P/APC de la commune d’Aït Boumehdi, lors d’une émission à la radio de Tizi-Ouzou, dont il a été l’invité. «Nous créerons un office de tourisme local avec le concours du parc national du Djurdjura, et les ressources préliminaires pour le lancement de ce projet dans sa première phase sont disponibles», déclara d’emblée M. Haroune. Un tel projet s’avérera comme une bouffée d’oxygène pour cette municipalité relevant de la daïra d’Ouacif et sise à une quarantaine de kms au Sud de la ville de Tizi-Ouzou. Pour le chef de l’exécutif communal d’Aït Boumehdi, ce projet portant création d’un office de tourisme locale s’inscrit dans la perspective d’élaboration et de mise en œuvre d’une stratégie clairement définie relative à l’optimisation et l’exploitation efficiente des atouts touristiques dont dispose la région. Pour cette commune qui souffre grandement du manque de ressources financières et qui est caractérisée par un relief accidenté et une géographie non épargnante, ce projet est susceptible de générer des richesses en termes de création d’emplois pour les jeunes ainsi qu’en termes de création de la valeur ajoutée pour la municipalité. Car, selon M. Haroune Moussa, la commune d’Aït Boumehdi ne dispose aucunement de terrains appropriés pouvant lui permettre d’investir dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture. D’où la nécessité d’impulser une dynamique dans le secteur du tourisme. «À défaut de terrains adéquats et de ressources financières pouvant nous permettre d’y investir dans l’agriculture et l’industrie, la seule alternative qui reste pour nous est l’optimisation et la valorisation du tourisme local, surtout que notre commune regorge de potentialités énormes, vu qu’elle est sise au sein du parc national du Djurdjura», dira le P/APC d’Aït Boumehdi. Et d’ajouter : «Il est question pour nous de créer nos propres richesses, surtout dans cette conjoncture de crise économique. On ciblera certains créneaux tels que le tourisme et les services, qui sont susceptibles de renflouer les caisses de la municipalité». Pour ce dernier, puisque le PND englobe la commune d’Aït Boumehdi, de ce fait, tout investissement dans le tourisme au niveau local ne peut se faire que dans le cadre du régime de fonctionnement spécifique dudit parc. Le projet d’un office de tourisme local qu’abritera Ait Boumehdi ciblera, dans un premier temps, le tourisme de proximité. Ceci pour cause, ajoutera M. Haroune, de la non-disponibilité de ressources adéquates pouvant permettre de lancer des projets d’envergures dans le secteur du tourisme dans la localité. Dans cette optique, il s’agit, dans la phase préliminaire, d’exploiter le lieu paradisiaque dit «Assoual» situé au Sud de la commune, juste derrière la montagne dite «la main des juifs». Cette place, dira l’édile communal, «sera dotée de toutes les commodités afin de permettre aux citoyens qui se déversent de toute part sur ce lieu de passer des séjours confortables». Ce lieu (Assoual) peut devenir une plaque tournante du tourisme local, et ce, en exploitant ces atouts touristiques. Cela permettra, d’après l’invité de la radio de Tizi-Ouzou, de générer des ressources financières considérables pour la municipalité. Pour ce faire, des chemins et des ruelles menant vers Assoual à partir de tous les villages de la commune, seront établis et aménagés. Cet aménagement permettra notamment, selon le P/APC, aux gens de rallier cette place paradisiaque dans des conditions optimales. Mais pour mener ce projet à terme, l’orateur a mis en évidence l’handicap du manque de financement. «Nous ne disposons que de 500 millions de centimes pour implanter, dans tout le territoire, des plaques de signalisation pouvant guider les touristes, et aménager tous les sites et emplacements devant être des points d’attraction par excellence», dira le chef de l’exécutif d’Aït Boumehdi. Du fait que cette cagnotte financière est largement insuffisante pour mener à terme ce projet, M. Haroune, exhorte les communes limitrophes, en l’occurrence Ouacifs, Iboudrarène, Aït Toudert et Agouni Gueghrane, afin d’apporter leur contribution dans la concrétisation de ce grand chantier, et ce, pour le bien de toute la région. Durant cette émission, le chef de l’exécutif d’Aït Boumehdi a mis en exergue les difficultés entravant la dynamique de développement local dans la municipalité tout en préconisant des solutions, pouvant impulser une dynamique de croissance, et à terme faire sortir la commune de son isolement. Pour les entraves, il s’agit entre autres, du relief accidenté de la commune, du manque de financement pour des projets structurants ainsi que de la non-disponibilité de terrains adéquats pour booster l’agriculture et l’industrie locales. Pour les solutions, M. Haroune Moussa a suggéré aux jeunes et aux opérateurs économiques locaux d’investir dans les secteurs du tourisme et des services. «Nous n’avons ni les moyens financiers ni les atouts appropriés afin de booster la dynamique de développement dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie. La seule alternative qui nous reste est d’impulser des projets structurants pour la localité dans les secteurs des services et du tourisme dont nous avons des atouts et des ressources humaines. Il s’agit là des marchés à optimiser et à exploiter, et grandement prometteurs pour la municipalité», précisa le P/APC d’Aït Boumehdi. Pour rappel, le parc national du Djurdjura est un écosystème naturel s’étendant sur une superficie de 18 550 ha, et se situant entre la wilaya de Tizi-Ouzou et celle de Bouira. Il est caractérisé par un relief très accidenté et abrite en son sein de vastes forêts, des gorges, des gouffres et notamment une faune très riche. Ce parc, également considéré comme réserve de biosphère, est reconnu par l’Unesco depuis 1997. Il est régi par un statut spécifique depuis 1983, date de la promulgation d’un décret présidentiel portant «statut-type des parcs nationaux». Le parc national du Djurdjura, par le biais de ses atouts, peut devenir une source génératrice de devises pour l’Etat. À titre illustratif, le secteur du tourisme rapporte annuellement à la France plus de 60 milliards de dollars de recettes. Cette cagnotte est équivalente aux recettes totales des exportations (hydrocarbures et hors hydrocarbures) de l’Algérie, en 2014. Nos voisins immédiats, en l’occurrence la Tunisie et l’Egypte, engrangent plus de 10 milliards de dollars annuellement, uniquement du secteur du tourisme.
Rachid B.
