Alors que l'on croyait l'hiver installé dans la durée, que l'épisode pluvieux, voire neigeux (du moins sur les hauteurs), a fait réagir en conséquence les autorités avec ce que l'on peut imaginer comme moyens pour le contrer, que l'on a sorti des placards manteaux, chaussettes de laine, bottes et parapluies, la météo a infligé un démenti rapide et cinglant.
Les manteaux, les pulls et les parapluies sont rangés et les gens se baladent de nouveau en tenues estivales. Le spectre de la sécheresse se profile à l’horizon 2016. Faut-il s’alarmer de ce paradoxe climatique ? Devrait-on s’attendre à une sécheresse comme celle que la région a vécue avant 2003 ? Quoi qu’il en soit, les chiffres communiqués hier par la direction de l’hydraulique ne semblent pas présager d’un tel scénario. Les apports pluviométriques enregistrés pendant les mois écoulés ne sont pas plus mauvais que ceux de l’année dernière, selon le responsable de ce secteur. A titre illustratif, il cite le barrage d’oued Lakhal, à cinq km à l’Est d’Aïn Bessem. Cet ouvrage, qui depuis l’année dernière est exclusivement réservé à l’irrigation des maraichages, est à 16,5 millions de m3, son niveau maximal étant de 27 millions de m3. Celui de Tilzdit, dans la daïra de Bechloul, est à 149,3 millions de m3 pour une capacité de 164,5 millions m3 et celui de Koudiet Acerdoune est à 565 millions m3 pour une capacité de 640 millions m3. Conclusion logique: il n’y pas lieu de se faire du mouron quant à l’eau potable. Les réserves sont importantes. Mais il y a lieu de se faire du souci pour l’agriculture. La DSA table sur une année que les premières pluies de septembre et d’octobre ont placée sous de bons auspices. L’expérience tirée des deux dernières années a montré dans quelle mesure les plantes ont pâti du stress hydrique important enregistré dans la wilaya et ont incité les agriculteurs et les responsables du secteur à se méfier des premiers mois qui s’annoncent généralement favorables à une bonne année. C’est pourquoi, le souci est grand face à cette parenthèse, ouverte par des conditions météorologiques en complète contradiction avec la saison, d’autant plus qu’on ne sait pas quand celle-ci se fermera. D’ailleurs, rendus prudents par cette expérience fâcheuse qui se caractérise chaque année par un déficit pluviométrique important entre mars, avril et mai, les responsables du secteur ont réagi en recourant de plus en plus à l’irrigation par kits. Le nombre de ce matériel agricole destiné à l’irrigation est de 344 kits, dont 197 sont soutenus par l’Etat avec 6 dérouleurs. La superficie irriguée réservée l’année dernière à la céréaliculture est de 3 000 hectares. Celle du blé dur est de 4 977 ha contre 1 216 de blé tendre. La surface emblavée en orge est de 715 hectares. En dépit d’une bonne pluviométrie au départ (495 mm en 81 jours), la récolte a été assez médiocre, car la sécheresse l’avait gravement compromise en réduisant fortement le poids du grain du blé. En effet, le taux de pluviométrie avait considérablement chuté entre mars (9 mm) et avril (1,5 mm) pour se redresser en mai (13,5 mm). Résultats obtenus à la fin de la campagne moisson battage pour l’année 2014-2015: blé dur : 1 075 000 quintaux. Blé tendre: 290 180 quintaux. Orge: 309 720 quintaux. Avoine:25 100 quintaux. Au total, la direction du secteur agricole a récolté 1 700 000 quintaux, selon ses propres statistiques. Bien que nous ne disposions pas de celles de l’année en cours, et au regard de l’expérience acquise dans le domaine, basée sur la connaissance des terres cultivables et des aléas climatiques qui se signalent, il est légitime qu’agriculteurs et responsables travaillent d’un commun accord à privilégier de plus en plus les surfaces irriguées D’où la nécessité d’augmenter chaque année celle-ci et de multiplier la mise en place de réseaux de kits et d’enrouleurs. Ce que l’on sait en revanche, c’est que conformément à l’arrêté N°3 424 du 27 septembre 2015, il a été procédé à l’installation d’un comité de suivi et d’évaluation de la campagne labours semailles en cours et de l’établissement de 4 834 fiches signalétiques. Quant à la livraison des engrais de fond, les agriculteurs concernés ont été informés de cette opération se déroule au niveau de la CCLS depuis le mois d’août. Enfin, les informations en notre possession font état de l’existence de deux guichets uniques pour toute livraison en engrais ou en céréales, l’un au niveau d’Aïn Bessem et l’autre au niveau de Bouira. Il reste pour les agriculteurs à travailler beaucoup, car une bonne année est surtout tributaire d’un bon travail, et à espérer que la pluie sera au rendez-vous dans la phase cruciale où se forme le grain, c’est à dire entre mars et avril. Une bonne pluviométrie à cette phase charnière permettra en effet de sauver l’année quel que soit le signe sous lequel elle s’annonce en septembre et octobre.
Aziz Bey.

