«Près de 90 000 élèves, dont une majorité de filles, quittent l’école chaque année sur injonction de leurs parents», a fait savoir, hier à Alger, Nedjadi Messaguem, l’inspecteur général au ministère de l’Éducation nationale. Tout en qualifiant cette situation «d’alarmante», M. Messaguem a souligné qu’il s’agit d’un problème pédagogique et non pas social.
«Actuellement, nous avons une massification au niveau de la scolarisation. Notre système pédagogique est défaillant, puisque nous ne prenons pas en charge sérieusement les enfants en difficulté», a affirmé M. Messaguem lors de son passage sur la chaîne trois de la radio nationale. Selon lui, le phénomène de la déperdition scolaire touche les filles plus que les garçons, à cause des traditions dans certaines régions du pays. «Il y a encore des parents qui retirent leurs filles de l’école à cause des traditions», a estimé M. Messeguem. Même constat a été fait également pour le redoublement scolaire qui touche 20% des effectifs des CEM, 30% de ceux des lycées et 8,85% dans le primaire. «Ces deux phénomènes affectent 9% du budget du ministère de l’Éducation nationale», a-t-il lancé. De ce fait, l’invité de la radio a mis l’accent sur la nécessité de réviser le système pédagogique pour faire face à ces deux phénomènes. Il a fait état d’une stratégie nationale de remédiation, qui a été mise en place par le département de Benghebrit. «Nous sommes en train de former nos inspecteurs, notamment ceux du primaire, car c’est à ce niveau-là que les élèves doivent maîtriser les langages fondamentaux», a indiqué M. Messeguem. Ce dernier a estimé que d’ici trois ans, l’ensemble des inspecteurs seront formés, «afin de changer les pratiques pédagogiques», a-t-il dit. Dans ce sillage, il a fait état d’un nouveau système d’évaluation qui sera introduit dans le cadre du nouveau programme pour l’année scolaire 2016-2017, où chaque élève aura son propre carnet d’évaluation. Par ailleurs, le même responsable a annoncé que le système de recrutement des enseignants va être revu fondamentalement, pour corriger les dérives observées.
Samira Saïdj

