Trois journées de protestation seront observées les 13, 14 et 15 décembre par les enseignants chercheurs de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
Une action décidée par le conseil national des enseignants du supérieur (CNES), vendredi dernier, au niveau de l’école nationale du commerce à Alger. Selon le coordinateur local du CNES, M. Samy Hassani Ould Ouali, ces trois journées de protestation ont été décidées lors du conseil national du CNES, réuni en session extraordinaire vendredi dernier, en présence de tous les représentants locaux de ce syndicat autonome. Le recours à la grève intervient après que les négociations entreprises avec la tutelle se furent soldées par un échec cuisant.
Ainsi, un gel des activités pédagogiques (cours, TD et TP) est prévu pour la journée du dimanche 13 décembre première journée de protestation et le piquet de grève sera planté de 10h00 à 11h00 devant les différentes facultés de l’UMMTO. Les activités pédagogiques seront également gelées pour une deuxième journée de protestation accompagnée d’une assemblée générale qui se tiendra au niveau de l’amphi théâtre Seddik Benyahia de l’UMMTO. Les protestataires prévoient également le gel des activités pédagogiques ainsi qu’un sit-in devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour la troisième journée de protestation, à savoir le 15 du mois en cours, ainsi que le boycott des journées sur le LMD prévues par la tutelle. Toutes ces actions ont pour objectif d’exiger : La suprématie du scientifique sur l’administratif, la sauvegarde de l’université la satisfaction inconditionnelle de la plateforme de revendications, la mise en œuvre inconditionnelle du protocole d’accord signé par le CNESTO et l’administration rectorale, la reconnaissance inconditionnelle du statut de partenaire social à part entière des sections et des instances nationales du CNES par l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable au double plan local et national pour la prise en charge intelligente et efficiente des problèmes et revendications des enseignants conformément à la plateforme de revendications formulée par les instances locales et nationales du CNES, dont les principaux points sont: Le développement et la mise en œuvre d’un projet digne d’une université algérienne moderne et l’arrêt de la politique d’improvisation. Une équivalence basée sur le mérite et des critères scientifiques entre les diplômes du système classique et les diplômes du système LMD. L’arrêt immédiat de la politique populiste entreprise par la tutelle. Plus de transparence dans la gestion des universités surtout sa gestion financière. Le rétablissement de la lettre d’accueil dans la répartition des stages de perfectionnement à l’étranger et l’établissement de critères par objectifs et non pour une répartition de la rente. La revalorisation du salaire de base et du régime indemnitaire. La prise en compte de l’expérience professionnelle sur le plan pédagogique dans l’évolution de la carrière des enseignants. La généralisation de la prime dite de zone à toutes les universités. L’annulation de l’habilitation universitaire pour les détenteurs d’un doctorat es sciences et le maintien des mêmes conditions d’accès que les détenteurs d’un doctorat d’Etat pour le passage au grade de professeur. Un statut équitable du diplôme de magister et l’arrêt immédiat de sa dévalorisation par la tutelle. L’accélération des projets de logements de fonction qui connaissent des retards que rien ne peut justifier et l’inscription de nouveaux projets au profit des universités, le logement étant un outil de travail pour l’enseignant. L’annulation du critère d’inéligibilité au logement de fonction en cas d’héritage de terrain non bâti ou d’une partie de logement familial. L’annulation des décisions des commissions paritaires prononcées à l’endroit des coordinateurs des sections de l’Université d’Oran1 et de l’Université d’El-Taref. Le retrait des plaintes et l’abandon des poursuites judiciaires à l’endroit de l’exécutif de la section de l’Université de Nâama. La réhabilitation inconditionnelle et la titularisation de Mademoiselle Dali Kenza, enseignante à l’Université de Béjaïa. La mise en œuvre du protocole d’accord cosigné par la section syndicale de Tizi-Ouzou et l’université de Tizi-Ouzou et l’arrêt immédiat de l’acharnement de la direction rectorale contre la section. Et l’arrêt immédiat de l’acharnement du doyen de la faculté des sciences économiques, université Setif 1, contre des enseignants. Pour souligner leurs détermination à aller jusqu’au bout, la déclaration de la section CNESTO qui nous est parvenue s’achève par le slogan de cette action qui est «Ni renoncement, ni abdication jusqu’à l’aboutissement de notre combat» et cela en dit long sur la motivation des protestataires qui ne comptent pas en rester là si leurs doléances ne trouvent pas écho. Il faut rappeler que cette action intervient dans un climat tendu, suite à la dernière marche des étudiants de l’UMMTO pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions socio-pédagogiques.
Taous C

