à M'Kira aussi

Comme dans plusieurs communes de la wilaya, dans cette municipalité rurale, les eaux usées sont rejetées dans les cours d’eau et dans les rivières. Effectivement, à maintes fois, les habitants ont interpellé les autorités à ce sujet. L’exemple, cette fois-ci, nous vient du village Imaândène traversé par l’Oued Founsar. C’est la période de la cueillette des olives, seulement, les oléiculteurs trouvent énormément de difficultés à récolter ce fruit. «Il est impossible de s’approcher de l’Oued, il pue. Et puis, la moitié de la récolte tombe dans ces eaux mélangées à des eaux usées. On ne peut pas travailler sans se boucher le nez», nous dira l’un de ces oléiculteurs. En effet, la plupart des réseaux d’assainissement sont réalisés sans aucune norme. D’ailleurs, parfois, des rixes sont enregistrées entre les habitants s’opposant au raccordement de conduites de leurs voisins aux conduites principales traversant leurs champs, car celles-ci n’arrivent pas aux endroits tant souhaités par tous. Par ailleurs, il est à signaler que les champs situés le long de cet oued sont parfois inexploitables à cause de ces odeurs nauséabondes. Dans cette municipalité notamment au niveau de ce qu’on appelle la basse M’Kira, une station d’épuration urge afin d’éviter la pollution des oueds. C’est-à-dire, il faudrait réfléchir au moyen de raccorder les réseaux vers un tel ouvrage hydraulique s’il venait à être accepté pour cette localité. «Si les eaux étaient épurées, elles serviraient même pour l’irrigation d’autant plus que la basse M’Kira est à vocation agricole. Mais, si on continuait à réaliser les réseaux d’assainissement de manière archaïque et obsolète, il n’y aurait plus d’espoir de développer le secteur agricole à Tamdikt et les villages environnants», estimera de son côté un agriculteur de Tamadikt. En tout cas, au moment où des appels sont lancés pour sauvegarder non seulement notre pays, mais aussi toute la planète, localement, on assiste parfois à des massacres écologiques causés par des personnes insoucieuses de l’avenir du pays ou de leur région. Le cas de rejet de ces eaux usées dans les cours d’eau illustre bel et bien ce laisser-aller. Même si tout un arsenal a été mis en place pour lutter contre cela, l’application des lois reste au stade du noir sur blanc.

Amar Ouramdane