Tizi-Ouzou Les eaux usées se déversent dans la nature – À quand une station d’épuration à Aïn El Hammam ?

Dans une région à forte concentration démographique, les rejets sont si importants qu’ils peuvent à la longue générer des conséquences graves pour notre environnement.

Une daïra comme Aïn El Hammam, où résident des milliers de personnes, rejette ses eaux usées dans la nature. Les oueds qui se jetteront plus tard dans le barrage de Taqsebt ou à la mer charrient annuellement des millions de mètres cubes de déchets sans que personne ne trouve à redire. Lorsque dans les années soixante-dix, on avait doté les villages de réseaux d’assainissement, on avait seulement pensé à les débarrasser de leurs déchets que les ravins se chargeront d’évacuer vers une destination «inconnue». Personne n’avait pensé à l’époque, sur les effets néfastes que le projet allait avoir sur l’environnement. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que les infiltrations commençaient à polluer l’eau des fontaines, qu’on avait pensé à l’extension des réseaux d’assainissement pour régler le problème temporairement, en déviant les canalisations qui se déverseront toujours dans les oueds. Les eaux noirâtres qui coulent dans leur lit en été nous donnent l’effrayante image de la situation. La démographie galopante aidant, les rejets deviennent de plus en plus importants et de plus en plus dangereux, avec tous les produits chimiques utilisés par les ménages et les fabriques. Il devient alors urgent de s’en occuper si l’on veut éviter l’irréparable. Il n’est pas rare de voir des écriteaux portant «eau non potable» placardés bien en évidence sur les devantures des fontaines. Il y a peu, les services d’hygiène de l’APC avaient déconseillé aux citoyens de consommer l’eau de la source dite «la transat». «Nous ne pouvons plus boire l’eau de la rivière ou des sources qui coulent en contrebas des agglomérations», se plaignent les paysans, réduits à se munir de bidons d’eau avant d’aller aux champs. C’est avec précaution et appréhension que les passants consomment l’eau fraiche qui coule des sources aménagées en bordure des routes. Des stations d’épurations avaient été projetées, il y a quelques années, pour le traitement des rejets d’une partie de la commune de Aïn El Hammam. Des problèmes liés aux oppositions des propriétaires de terrains choisis pour leur implantation avaient différé le projet, dont plus personne ne parle actuellement. Qu’à cela ne tienne ! Ces rejets dangereux pour la santé du citoyen doivent être traités d’une façon ou d’une autre.

A. O. T.