Alignés le long du trottoir faisant face au monument au morts, une quinzaine de camions chargés de foin attendent d’éventuels acheteurs. Ils s’installent, ainsi, à l’entrée de la ville, chaque jour de marché qui se tient deux fois par semaine. Une aubaine pour les éleveurs de la région lesquels viennent s’y approvisionner et faire du coup l’économie de déplacements jusqu’à Bouira et parfois plus loin. Cependant, les locataires des immeubles d’en face ne voient pas ce marché sous le même angle. Ils aimeraient bien se passer de ces mouvements d’engins qui ne se gênent pas de les réveiller, dès qu’ils arrivent aux aurores. Aux bruit et cris des marchands et clients, s’ajoutent les odeurs insupportables des gaz d’échappement « qui pénètrent dans les maisons et incommodent les malades et les enfants », se plaint un riverain. En plus de ces désagréments, les habitants soulignent le danger d’incendie qui plane à longueur d’année sur tout le quartier. Une simple étincelle, particulièrement en cette saison, pourrait créer l’inévitable. « Si le feu venait à se déclarer dans ce quartier encombré par tant de voitures en stationnement et les nombreux camions chargés de fourrage ainsi que toutes les marchandises étalées sur les trottoirs, il ne s’éteindrait qu’après avoir ravagé tout Aïn El Hammam », nous dit un commerçant qui se plaint par ailleurs des restes de paille abandonnés à la fermeture du marché. Nous avons en effet remarqué qu’après le départ des camions, le trottoir tout comme la chaussée sont recouverts de débris provenant de la manipulation des bottes de foin. Des mesures pour délocaliser le marché de fourrage vers l’extérieur de la ville doivent être prises rapidement.
A. O. T.
