Aujourd’hui s’achèvera la 4e Semaine forestière du Proche-Orient et de l’Afrique du nord, organisée à Tlemcen, sous le thème « La construction des paysages résistants dans les zones arides », à laquelle a participé l’association Assirem Gouraya de Béjaïa.
Outre l’exposition, une semaine durant, c’est-à-dire du 13 décembre à aujourd’hui, des produits du terroir béjaoui, les représentants de l’association ont présenté une communication sur la relation Homme-Forêt. L’intervention a été entamée par des remerciements à la FAO, la GIZ et tous les acteurs impliqués dans la noble entreprise de sauvegarde de la forêt du Proche-Orient et de l’Afrique du nord, dont l’objectif est la lutte contre le changement climatique pour assurer un futur meilleur au profit des générations à venir. La forêt, soulignera le représentant de l’association, «peut jouer un rôle important dans l’instauration de la paix si l’Homme la respectait par sa protection et son exploitation dans le cadre d’un développement durable». Il est précisé que l’homme a de tout temps été en relation avec la forêt : elle était son refuge en tout temps, elle lui fournissait les aliments essentiels à sa vie, les matériaux pour construire ses abris, les outils nécessaires dans ses divers travaux, sa vie ménagère et sa défense. La forêt a été toujours présente dans la vie de l’homme, puisqu’elle participait à sa vie et à sa survie. La vie de l’homme est intimement liée à celle de la forêt et sans elle, l’homme n’aurait jamais pu survivre face aux conflits qui ont jalonné son histoire. Si l’homme ne peut pas vivre sans la forêt, celle-ci peut vivre sans la présence de l’homme. Donc, «nous déduisons que la forêt sert beaucoup plus l’homme qu’il ne la sert lui-même», fera remarquer le communicant. Il rajoutera que «la forêt sert de refuge pour de nombreuses espèces animales depuis la nuit des temps et l’homme, aussi, a bénéficié de ce privilège, surtout durant les conflits tribaux, puis entre nations». Dans la vie moderne d’aujourd’hui, l’homme ne vit pas à l’intérieur des forêts mais il utilise de nombreuses matières tirées de ce milieu naturel. La forêt reste le milieu de protection de nombreuses espèces animales et l’homme tire bénéfice de certaines espèces sur lesquelles il fait des prélèvements (chasse artisanale), qui veillent à l’équilibre de l’écosystème. En outre, dira encore le représentant de l’association Assirem-Gouraya, les multiples matières en présence dans la forêt ont constitué une source précieuse pour le développement des activités humaines : le bois a servi les industries de la menuiserie, le bâtiment en général, les carrières et agrégats ont alimenté les villages et villes, l’eau a vu la construction de moulins puis de barrages et a servi l’irrigation des plaines, la pharmacie et la médecine aussi ont tiré bénéfice des nombreuses essences botaniques de la forêt…. Ces nouveaux métiers ont permis à l’homme de perfectionner ses potentialités dans tous les domaines de la vie. La forêt, par son air pur, ses eaux potables, la beauté de ses paysages, a fasciné l’Homme et l’a toujours attiré. C’est ainsi que l’Homme a ouvert des pistes au travers des forêts pour ses besoins de villégiature et cette perspective a créé le tourisme vert en milieu forestier : cette dynamique a ouvert la voie à la création de nombreux emplois au service des locaux. Elle fournit de nombreuses matières qui sont utilisées dans les métiers traditionnels : tapisserie, vannerie, poterie, ébénisterie… et les prélèvements faits sur la forêt sont toujours menés dans un souci de préservation de ces moyens de travail de nombreux artisans. Le métier du meunier ainsi que d’autres métiers ont disparu du contexte de la vie du riverain de la forêt, depuis que la vie moderne a offert des outils et des machines plus puissants. La forêt offre de nombreuses opportunités de développement durable aux générations futures. Les métiers de l’artisanat, de l’agriculture, de la transformation, du tourisme vert… peuvent constituer autant d’atouts pour fixer les populations des milieux forestiers et ruraux, mais dommage qu’il y a eu une certaine nocivité de la part de l’Homme vis-à-vis de la forêt, en y tirant bénéfice sans tenir compte des besoins de celle-ci. Toute réduction de l’espace de la forêt conduit inéluctablement à l’appauvrissement de l’air en oxygène et cela augmente la présence de gaz carbonique qui crée un effet de serre au niveau planétaire. En conclusion, l’homme a été mis en garde. La forêt et l’homme doivent retrouver cette complicité qui a prévalu dans leur Histoire commune. L’homme qui protège la forêt se protège lui-même des effets néfastes des actes de destruction de ce milieu vital. L’Homme a besoin de la forêt plus que tout autre milieu et il se doit de développer une politique efficace et réfléchie en faveur de la protection de la forêt et de sa régénération. C’est suite à l’invitation de la direction générale des forêts que l’association a répondu présente pour contribuer, à sa manière, à la sensibilisation de la protection de l’environnement.
A. Gana
