Une olivaison laborieuse à flanc de ravins !

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Comme il est connu, la commune d’Ighil Ali, dont le chef-lieu est sis à 93 kms au Sud-ouest de la ville de Béjaïa, est située en zone montagneuse constituée d’un relief très accidenté. Cependant, cela n’a pas empêché l’agriculture des montagnes d’avoir une place prépondérante dans cette localité. La municipalité a hérité d’un parc oléicole impressionnant, résultat d’un travail titanesque et de fourmis entrepris par des générations et des générations de paysans à travers des siècles. Les habitants devraient remercier leurs ancêtres pour leur avoir légué ce « trésor » inestimable, grâce à qui, ils vivent et survivent pendant les années de disette! Les aïeux étaient des visionnaires qui ont pensé à leur postérité. En tout cas, la localité d’Ighil Ali et ses 14 villages nichés sur les flancs abrupts des montagnes, sont nantis en cette manne qu’est l’oléiculture. Les deux atouts que possède Ighil Ali sont indubitablement l’agriculture et le tourisme de montagnes. Ces deux secteurs pourraient, à eux seuls, sortir de son marasme cette belle commune historique. Dans le même sillage, la campagne d’olivaison bat son plein dans cette localité où des « contingents » de cueilleurs d’olives se rendent, chaque jour, dans les oliveraies pour ramasser le fruit oléagineux. Toutefois, il faudrait vraiment tirer chapeau à ces paysans, tous stoïques qu’ils sont, lesquels bravent les accès dangereux et les terrains pentus pour cueillir les olives. L’olivaison dans ces villages hauts perchés, n’est pas dénuée de dangers, car les oliviers sont en majorité plantés dans des terrains raids à flanc de profonds ravins. Les plus téméraires des cueilleurs s’attachent avec la corde le buste aux troncs d’arbres pour pouvoir gauler ou cueillir les olives, car en bas c’est le précipice. C’est une besogne harassante et laborieuse pour ces paysans qui endurent vraiment des conditions difficiles en ces lieux perchés. Il existe des terrains inaccessibles à cause de leur caractère accidenté ou parce qu’ils ne peuvent pas être joints par les cueilleurs sans se risquer la vie. Comme c’est le cas de ces oliveraies sises au lieu-dit « Ighil Lefdhal » dans la périphérie du village de Takorabt, où les propriétaires voient leurs récoltes dévorées par les grives sans pouvoir faire quelque chose, car il n’existe aucun passage vers ces oliveraies trop escarpées. «Nous ne pouvons pas récolter nos olives, puisque nous ne pouvons pas accéder à Ighil Lefdhal à cause d’un profond ravin escarpé. Chaque année c’est comme ça, nous perdons des quintaux d’olives faute de passage vers nos oliviers. Nous demandons à l’APC de construire un gué ou un ponceau pour que nous puissions récolter nos olives!», demande l’un des propriétaires. Cet exemple est parmi tant d’autres, qui renseignent sur les difficultés qu’éprouvent les paysans dans cette région des Ath Abbas à récolter leurs olives à cause de la nature accidentée du sol. Néanmoins, cela ne dissuade pas ces braves paysans de ramasser leurs récoltes en dépit des dangers. Chapeau bas!

Sypahx Y.

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