«Je suis profondément heureux que notre langue soit, enfin, reconnue langue officielle dans la nouvelle constitution de mon pays. Je suis d’autant plus heureux que cette nouvelle arrive au moment où l’héritage militant est pris en charge par la nouvelle génération. En effet, nous disposons, aujourd’hui, d’un nombre assez important d’universitaires, d’enseignants et d’inspecteurs formés depuis 1989 et 1995 à ce jour, sur des bases scientifiques et qui pourront donc faire face aux nouvelles exigences induites par l’officialisation de la langue amazighe. Contrairement à nous qui avons presque tous été formés sur le tas et en autodidactes. Je souhaite que la future académie annoncée par Monsieur Ouyahia soit dirigée exclusivement par des personnalités scientifiques et militantes, connues afin qu’il n’y ait aucun clivage ni détournement d’ordre idéologiques qui généreront plutôt de nouveaux blocages qui freineront l’émancipation de notre langue sur l’ensemble des points, à l’exemple de la graphie latine devenue inaliénable et non négociable. Ma pensée et ma gratitude vont droit à Mouloud Mammeri qui a su régénérer et donner une seconde vie à l’amazighité sans oublier les précurseurs qu’ont été Said Boulifa, Cid Kaoui et Bensdira, sans qui la langue n’aurait eu aucun avenir».

