Plus d’une semaine après l’enterrement de feu Hocine Aït Ahmed, dont l’arrivée de la dépouille avait drainé des centaines de milliers de personnes, le village où repose notre héros national attire toujours de nombreux visiteurs. Vendredi a été mis à profit par des familles entières, avec femmes et enfants, pour une virée à Ath Ahmed.
Dès qu’on amorce la descente vers Thassirth N Chikh, on se rend compte que le chemin qui mène à Ath Ahmed est toujours fréquenté contrairement à ce qu’on serait amené à penser. Le temps n’a pas estompé la douleur générée auprès de la population, par la mort du fondateur du FFS. Ses deux cousins si Saadi et si Ouahmed que nous avons rencontrés sur les lieux, ne baissent pas leur vigilance afin de satisfaire leurs hôtes. Ils nous apprennent que chaque jour, ils doivent faire face à des centaines, parfois plus d’un millier de personnes qui se relaient au village pour un pèlerinage sur la tombe du défunt. «Nous avons fait face à la marée humaine qui est venue le jour de l’enterrement, heureusement sans aucun blessé. C’est déjà une réussite pour nous, les proches de Da L’Hocine et pour tout le village qui a montré une solidarité à toute épreuve», nous déclare-t-on. Sur le chemin menant au mausolée de Chikh Mohand, les véhicules, collés les uns aux autres, se croisent en de longues et interminables processions. Ce n’est, bien sûr, pas le même afflux que celui du fameux vendredi de l’enterrement, «parce que les visiteurs ne viennent pas tous en même temps. Ils arrivent répartis sur toute la semaine et à longueur de journée», nous dit un villageois.
Des Tunisiens et des Marocains sur les lieux
À l’intérieur du chapiteau installé sur la place du village, on a pris soin de dresser une table où les «invités», comme on les appelle ici, des Ath Ahmed peuvent trouver de l’eau, de la limonade et du café. Sur la tombe, objet de fixation des visiteurs, plusieurs gerbes de fleurs jonchent la bâche qui la recouvre. Les visiteurs s’en approchent, à tour de rôle. Certains se prosternent, d’autres lisent la fatiha. Mais presque tous s’y font photographier pour garder un souvenir de cette visite, hors du commun. Ceux qui n’ont pas assisté aux funérailles y viennent comme pour se rattraper alors que d’autres avouent «qu’ils reviennent pour se recueillir sur la tombe du défunt, n’ayant pu le faire, ce jour là».
Concernant l’origine des visiteurs, Si Ouahmed nous apprend que la veille (jeudi dernier), ils avaient reçu dix sept Tunisiens et trois Marocains, venus se recueillir sur la tombe de Da L’Hocine. Il ajoutera que «durant la semaine, des bus entiers, venus de toutes les wilayas d’Algérie, sont arrivés ici pour les mêmes motifs. Je ne vois aucune wilaya qui ait manqué à l’appel, quelle soit du Sud ou du Nord». Les villageois, toujours aussi disponibles auprès de la famille, se préparent à accueillir ces flots de visiteurs pendant longtemps, particulièrement lors des week’end. S’agissant de la tombe dont nous ne voyons que les gerbes de fleurs qui la recouvrent, notre interlocuteur nous apprend qu’elle sera construite le quarantième jour du décès de Da L’Hocine, un jour qui ne manquera pas de drainer encore plus de monde.
Recueillement avant-hier
Emotion et recueillement furent au rendez-vous, avant-hier jeudi, au mausolée de cheikh Mohand Oulhoucine, sise au village Ath Ahmed, dans la commune d’Aït Yahia, relevant de la daïra d’Aïn El Hammam, où repose à jamais le dernier des historiques, feu Hocine Aït Ahmed, à l’occasion des sept jours de sa disparition. Cette cérémonie, à l’initiative de la fédération du Front des forces socialistes (FFS) de la wilaya de Tizi-Ouzou, a eu lieu en présence d’élus locaux et nationaux ainsi que de militants du FFS et de nombreux citoyens venus des quatre coins du pays pour honorer la mémoire du défunt au septième jour de sa disparition, comme le veut la tradition kabyle.
Un grand moment empreint de beaucoup d’émotion. A cette occasion, il a été procédé au dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe de Si L’Hocine par les militants et cadres du FFS, ainsi que des membres de l’assemblée populaire de wilaya, de plusieurs formations politiques et des citoyens de différents horizons, qui continuent d’affluer par centaines, quotidiennement, pour se recueillir à la mémoire du grand maquisard et fervent défenseur de la démocratie que fut Dda L’Hocine. Le tout au son des chants traditionnels religieux ‘’Lamdih’’, des femmes et de Lakhouan, empreints d’une grande charge émotionnelle et qui ont littéralement transporté les présents.
Le fédéral de Tizi-Ouzou du FFS, M. Farid Bouaziz, déclarera à cette occasion : «Je commencerai par m’incliner à la mémoire du grand homme que fut Si L’Hocine et je profite de cette occasion pour remercier tout ceux qui nous ont aidés lors de ses funérailles, notamment les jeunes des différentes sections FFS ayant assuré le service d’ordre et tout ceux qui nous ont aidés de près ou de loin pour l’organisation». Le cousin de Si L’Hocine, M. Boussad Aït Ahmed, nous dira : «Les visiteurs continuent d’affluer des quatre coins du pays quasi quotidiennement.
Il ya eu des délégations d’Oran, de Batna… et bien entendu la population locale». Concernant la cérémonie des quarante jours de Dda L’Hocine, le cousin du défunt nous confiera : «Pour les quarante jours, il sera fait selon les dernières volontés de Si L’Hocine qui voulait une cérémonie comme pour tout citoyen algérien.
Elle sera organisée selon les préceptes de notre religion et les traditions de la région avec ‘’Lamdih n’Lakhouan’’, du thé et du café et de la nourriture pour les visiteurs, sans excès ni tapage».
A.O.T./Taous C

