Comme tout ailleurs, on a constaté que depuis le premier janvier, les hausses des prix n’épargnent aucun produit. Après que les tarifs des transports eurent subi des augmentations décriées par les voyageurs, notamment parce que la tutelle n’a rien encore décidé à ce sujet, voilà que les matériaux de construction flambent eux aussi. Tous les vendeurs de ces produits ont affiché de nouveaux prix, à commencer par le ciment. Cet adjuvant dont le prix a été stable durant une grande partie de l’an dernier, est cédé aujourd’hui entre mille six cents et mille sept cents dinars le quintal. C’est-à-dire huit cents dinars le sac de cinquante kilos. C’est une augmentation qui a dépassé les 40%. Du coup, ce sont tous les chantiers qui sont à l’arrêt. « Non pas seulement la cimenterie de Sour El Ghozlane est fermée pour travaux, mais aussi l’importation de ce matériau a baissé en ce début d’année eu égard à l’austérité décidée par le gouvernement. Et voilà que la pénurie a commencé. Et puis, n’oubliez pas aussi que l’augmentation des carburants a eu aussi son influence. En tout cas, c’est un créneau difficile à gérer. Il y a trop de spéculations « , nous confiera un vendeur de matériaux de construction. Si par le passé c’est ce marché qui se trouvait perturbé sporadiquement, cette fois-ci, même les autres matériaux ne sont pas épargnés. Notre interlocuteur nous citera que le prix de la brique est revu lui aussi à la hausse. Elle est cédée à trente trois dinars l’unité voire plus au lieu de vingt-deux dinars. Par ailleurs, il nous a été donné de constater que les agrégats (gravier et sable) ont aussi augmenté. » Celui qui va jusqu’à El Hachimia ou encore jusqu’à Boussaâda ne va pas tout de même maintenir le prix tel qu’il était. En plus de l’augmentation des carburants, il a aussi d’autres frais et d’autres charges revus à la hausse. En tout cas, nombreux sont les chantiers qui vont fermer dans quelques jours. Les entreprises n’ont pas prévu dans leurs programmes de telles augmentations inattendues », nous dira un chef de chantier. Effectivement, cet interlocuteur a bel et bien raison parce qu’ils ne pourront pas supporter de telles charges. » Quand on a soumissionné le prix au mètre carré a été évalué à un montant abordable, mais maintenant, il va nous revenir plus cher. Je suis convaincu que de nombreuses entreprises vont remettre les clés sous le paillasson. Elles ne vont pas supporter des pertes. Du coup, le taux de chômage absorbé par le secteur du bâtiment va augmenter. Ce sont des années difficiles qui nous attendent », nous expliquera un entrepreneur. D’ailleurs, des entreprises ont carrément mis en congé forcé certains ouvriers de leur personnel.
Amar Ouramdane
