M’Kira Le produit détrône même la pomme de terre – L’oignon à 120 dinars le kilo

Bien qu’en cette période de l’année, tous les légumes de saison soient disponibles sur tous les étals des marchés, en quantité et en qualité, il n’en demeure pas moins que certains prix restent très élevés.

En effet, si la pomme de terre, légume le plus demandé et le plus utilisé dans les foyers et les fast-foods s’écoule entre 25 et 40 dinars le kilogramme, et la tomate, produite sous serre, ne dépasse guère les 60 dinars, il n’en va pas de même pour l’oignon qui a atteint, ces derniers jours, à M’Kira, les 120 dinars le kilogramme, alors qu’ailleurs il est tout de même à 100 dinars. «Effectivement, pour l’oignon sec, son prix ne cesse de grimper. Pour nous les citoyens de M’Kira, nous avons pour habitude de voir tous les prix pratiqués par nos commerçants plus élevés par rapport aux autres localités, qu’ils justifient par les coûts de transport du fait que nous sommes enclavés et très loin des marchés du gros», nous confient quelques citoyens résignés, tout en se culpabilisant d’être responsables de cette situation. En effet, pour nos interlocuteurs et d’autres citoyens venus à notre rencontre, il fût un temps où c’était une vraie honte sinon un opprobre de voir un villageois revenir du marché avec des oignons ou des cardes, voire même de la pomme de terre dans son panier. «Si nos aïeux nous voyaient en train d’acheter des oignons, ils ne manqueraient pas de nous maudire car, en fait, il n’y a pas plus facile que de planter des oignons qui ne demandent aucun soin. D’ailleurs, autrefois, lorsqu’on voulait traiter quelqu’un de vaurien, on lui disait qu’il ne coûtait pas un oignon, alors que maintenant, vous voyez bien que l’oignon se vend à un prix d’or», nous déclare, complètement dépité Aami Kaci, un septuagénaire qui finit par s’éloigner en maugréant contre toute la société.

Pour nos autres interlocuteurs, restés avec nous, ils justifient le désengagement des citoyens de M’Kira du travail de la terre par le fait que les jardins familiaux d’antan, tout autour des maisons, n’existent plus. «Avec les aides à l’auto-construction, tous les jardins ont disparu, remplacés par des habitations qui se juxtaposent alors que même nos enfants ne connaissent plus une basse-cour», regrettent tous.

Essaid Mouas