Tifra Augmentation du prix du ticket – Bras de fer entre les transporteurs et les usagers

Des citoyens du village Ivourayen, dans la commune de Tifra, ont procédé hier matin, à la fermeture du CW01 qui relie la localité d’Ikedjane au chef-lieu communal Hammam Sillal et Sidi Aïch, à cause de la récente hausse du prix du ticket de transport. Pendant près de 03 heures, les transporteurs assurant cette ligne ont été empêchés de faire leur travail. Cette situation a duré jusqu’à 11h du matin, après quoi le blocage a été levé. Mourad Touak, élu APC et président de l’association Itri Ivourayen, nous dira à ce sujet : «Nos concitoyens ont eu recours à la fermeture du CW01 suite à l’augmentation injustifiée du prix du ticket de transport, mais aussi l’indisponibilité des transports qui pénalise lourdement les citoyens de notre village. Après avoir rencontré les représentants des transporteurs, nous nous sommes tombés d’accord pour l’organisation, ce soir, d’une réunion entre transporteurs et représentants de notre village en présence des responsables de l’APC Tifra». En effet, distante à peine de 18 Km d’Ikedjane et beaucoup moins des villages Ivourayen et Flih, Sidi Aïch constitue la première destination des habitants de ces localités relevant administrativement de la commune de Tifra, vu l’importance des infrastructures qui s’y trouvent, notamment le seul hôpital de la daïra, la gare ferroviaire, des établissements scolaires, le siège de la daïra, des impôts, la CNAS, le centre de formation… etc., sans parler du marché de la ville, qui est l’un des plus importants de toute la vallée de la Soummam. En somme, la ville de Sidi Aïch constitue à la fois un passage obligé pour tous les habitants de ces villages voulant se rendre ailleurs, mais aussi le centre névralgique qui rythme leur vie quotidienne. Mais il faut dire que parcourir ce petit trajet était, depuis toujours, un vrai casse tête chinois pour tous ces centaines d’étudiants, fonctionnaires, ouvriers et passagers d’occasions, obligés de le faire au quotidien. L’année 2016, avec toutes ses augmentations notamment le carburant, n’est pas venue pour réconforter les habitants de ces localités déjà pénalisées à plus d’un titre. En effet, dès le début de l’année, les transporteurs de voyageurs assurant cette destination décident unilatéralement d’augmenter leurs prestation de 10 DA ce qui porte le prix du ticket à 40 DA pour Ivourayen, 45 DA et à 50 pour Tasga et Aït Allouane. Mohand Yamouni, habitant du village Tafraout, nous dira à ce sujet : «Les prix pratiqués avant la récente augmentation qui ont touché le carburant étaient déjà injustifiés. Les transporteurs n’ont jamais respecté la grille des prix de la direction des transports, qui normalement fixe le prix du ticket Sidi Aïch-Ikedjane à 30 DA au lieu des 35 DA imposés par les transporteurs». «C’est aberrant ! C’est la loi de la jungle !» lance son ami Nordine Tidadini. Il poursuit : «C’est du vol caractérisé. Les autorités doivent réagir et punir sévèrement les contrevenants». De leur côté les transporteurs par la voix de leur représentant, Sofiane Zinet, répondent : «L’augmentation récente du ticket de transport n’est qu’un résultat logique de la hausse des prix des carburants, des pièces de rechange, de l’huile moteur… etc. Ce n’est pas par gaité de cœur que nous avons procédé à cette augmentation, mais nous sommes dans l’impossible de faire autrement. Nos citoyens doivent comprendre cela. Je suis sûr qu’il existe une solution pour ce problème et un terrain d’entente doit être trouvé pour partager ensemble cette nouvelle charge».

Arezki Toufouti