Le tourisme, ou la quadrature du cercle

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Une journée sera, en principe, consacrée au tourisme, en collaboration avec la rédaction du journal spécialisé «Destination Algérie» et l’école supérieure internationale d’hôtellerie et de tourisme (ESIHT), jeudi prochain, au siège de l’ESIG à proximité du campus Hasnaoua. Cette journée abordera la question, ainsi, formulée «Quelle stratégie pour la mise en tourisme d’un territoire, la Kabylie ?». Vaste programme ! Il faut reconnaitre que depuis l’indépendance, la destination Algérie n’a jamais suscité l’intérêt qu’elle était en droit légitimement d’attendre. La place des tourismes, ils sont nombreux depuis longtemps : le tourisme écologique, balnéaire, climatique, etc. Bien qu’elle fut classée 4e au niveau africain par l’organisation mondiale du tourisme en 2014, elle occupait la même année, la 111e place selon le classement du conseil mondial du tourisme et du voyage basée à Londres. Le secteur représente 3,9 % du volume des exportations, 9,5 % du taux des investissements productifs et 8,1 % du Produit Intérieur Brut. Ce qui est largement insuffisant, comparé aux performances de nos voisins immédiats, le Maroc et la Tunisie. Toutefois, avec la richesse de son patrimoine floristique, faunistique, historique, préhistorique et d’autres classes, l’Algérie est parmi les régions les plus attrayantes du monde. Il n’en demeure pas moins qu’on a du mal à vendre la destination et à mettre en valeur ses potentialités artisanales, historiques, thermales, géographiques… Effectivement les moyens d’accueil sont substantiels, diversifiés et géographiquement bien implantés. Cependant, suffit-il d’ériger des hôtels classés pour la plupart, pour assurer une attractivité vers notre pays des touristes ? Ces journées d’études sauront, à n’en pas douter, nous répondre. Mais apporteront-elles les réponses aux items des consommateurs ? Depuis le temps que les chargés du secteur s’échinent, à travers des séminaires, colloques et journées d’études, à trouver les solutions idoines à même de booster le tourisme chez nous, ils ne font que proposer un cautère sur jambe de bois. Qu’à cela ne tienne, les communications prévues- « La communication interne (au sens large) dans le secteur » (M. Kezzar) ; « La place des agences de voyages dans la chaine touristique » (S. Boukhelifa). « Rôle des offices de tourisme dans la promotion d’un territoire » (M. Azouz) ; « Quelle stratégie pour définir les besoins en formation d’un territoire ? » (A. Zaid) ; « L’impact de l’industrie touristique (dont l’artisanat) sur l’économie » (directeur du MATTA) et « Promotion du Tourisme de proximité social » (Benmoussa)- pourront à l’extrême limite éclairer notre lanterne sur ce qui cloche et ce qui ne va pas, où ça grince et où ça patine, mais pas sur les relations de cause à effet qui ont engendré ces retards et ces bricolages. Il vous suffit de vous rendre dans l’un de ces établissements classés à Tizi-Ouzou ou ailleurs pour vous rendre compte de visu du décalage entre la chimère et la réalité du terrain. Les agences de voyages ne servent qu’à vendre des documents de voyages ou proposer des destinations certes intéressantes mais ailleurs qu’en Algérie. Les offices du tourisme n’existent que sur le papier. Les chambres de l’artisanat et des métiers vivotent à la petite semaine et laissent les artisans se débattre avec leurs produits ou l’enjoliver et l’éloigner de ses racines pour en faire une pâle copie de l’originale. Les festivités populaires n’ont absolument plus rien de populaire. Sans authenticité en tout, rien ne peut se faire avec toute la bonne volonté du monde, et ce n’est pas une journée ou un mois, voire une année de cogitation qui va en changer quelque chose.

Sadek A. H.

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