Mardi passé, la commune de Béni Maouche a accueilli les experts italiens et français chargés du dossier de labellisation de la figue de cette région.
Une réunion a été tenue à la salle des conférences de la maison de jeunes du chef-lieu où ont pris part des chercheurs universitaires, des cadres du ministère de l’Agriculture et de la direction des services agricoles de la wilaya, du président de la chambre de l’agriculture et des associations agissant dans le domaine de l’agriculture. Une réunion qui se veut une finalisation du processus de labellisation de la figue. C’est un chercheur universitaire qui a entamé les débats en présentant les vertus de la figue. «L’université est appelée à être la locomotive du développement de la filière figue. Elle mènera des recherches en rapport avec le savoir faire des agriculteurs et les techniques développées. À priori, nos recherches sont axées sur l’importance de la figue dans l’alimentation, sur la santé et le volet socioéconomique. Enfin, comprendre pourquoi et comment la figue est si importante chez nos aïeux. Elle a aussi des valeurs nutritives et thérapeutiques très élevées», a expliqué le conférencier qui est relayé par un autre chercheur qui s’est étalé sur les moyens à mettre en œuvre pour faciliter sa collecte, réussir sa transformation, son conditionnement, son écoulement local et son exportation. Pour savoir plus sur l’objectif de cette importante réunion, nous avons consulté Baouche Rachid, le président de la chambre de l’agriculture de la wilaya de Béjaïa qui nous donnera plus d’informations. «C’est pour la synthèse du projet de la labellisation de la figue que tous ces experts étrangers, chercheurs universitaires et cadres des organismes agricoles sont là aujourd’hui. C’est-à-dire, mettre la dernière touche à un projet qui date de deux ans. Onze communes de la wilaya de Béjaïa et onze autres communes de la wilaya de Sétif composées des populations des villages berbérophones pratiquant la culture figues, sont retenus dans ce projet de la labellisation de la figue. Une réunion similaire a été tenue, hier lundi, à l’hôtel Zephir de Béjaïa. Selon le programme qui nous a été donné dans l’après-midi d’aujourd’hui, des visites guidées sur sites ont été prévues», a-t-il dit. Nous avons, par ailleurs, consulté Sahki Mohamed, le président de l’association des figuiculteurs qui nous donnera son avis : «On espère en tirer avantage de ce projet de labellisation de la figue. La priorité c’est l’intégration de la figue dans la nomenclature des activités agricoles. Je ne peux dire plus. Je préfère attendre le résultat final pour me prononcer davantage», a déclaré notre interlocuteur. La région de Béni Maouche est à vocation agricole avec prédominance du Roi figuier, un arbre vénéré et adulé par les populations. Pour cela, les agriculteurs sont les seuls agents économiques dans cette région située en haute montagne à plus de 1 000 mètres d’Altitude. De l’importance donnée au figuier, figure la fête de la figue devenue légendaire du fait qu’elle est organisée chaque année à la même période, c’est à dire à la fin de la campagne des figues. Cela a permis à la figue de Beni Maouche d’être connue au niveau de la vallée de la Soummam, puis à l’échelle nationale et aujourd’hui sur l’échiquier européen. Les manifestations agricoles organisées dans la commune de Béni Maouche qui ont fait défiler les walis et ministres invités pour la circonstance, font que la figue de Béni Maouche a commencé il y a quelques années, à peser au niveau des pouvoirs publics comme produit agricole à valoriser. Dans ce cadre, beaucoup d’agriculteurs ont été envoyés en France ou en Espagne participer à des manifestations agricoles organisées par ces pays. Les échanges ont commencé avec les venues à Béni Maouche des agriculteurs de ces pays transmettant ainsi leur savoir faire, la haute technologie et les grandes vertus que possède la figue sur le plan énergétique, ayant des valeurs nutritives et thérapeutiques élevées. Ces échanges ont été d’un apport considérable pour les agriculteurs spécialisés dans la figuiculture. Des fabricants de produits dérivés commençaient à naître. En quelques années, des usines de transformation pullulent avec la production d’une gastronomie variée à base de figues fraiches et sèches tels les hors d’œuvre, les plats de résistance, les desserts, les sirops, les confitures, lesgâteaux, &hellip,; la liste est loin d’être exhaustive. Les fabricants, pour moderniser les usines en utilisant des techniques modernes de production, ont fait appel aux services agricoles pour des aides dans l’acquisition des investissements de type chaines modernes de production, de conservation et de conditionnement. Le hic ! La filière figuiculture n’existe pas dans la nomenclature des investissements agricoles soutenus par l’Etat, telles que les huileries par exemple. Cela n’a pas découragé les agriculteurs à continuer à produire avec des moyens de bord, c’est-à-dire avec des moyens traditionnels fabriqués eux-mêmes. Des associations et coopératives pour la défense des droits des agriculteurs sont créées. Toutes ces phases de développement ont fait que des Européens s’intéressaient à la figue de Beni Maouche, en envoyant des experts qui n’ont pas trouvé mieux que de la labelliser pour bien la valoriser et la rendre compétitive sur les plans national, continental et international. Pour le caprifiguier (Dokar), c’est le retour aux sources. En effet, le caprifiguier est répandu à Tansaout, un village situé à proximité de l’oued Boussellam et à quelques kilomètres de Beni Maouche. C’est ce village qui nourrit la région en caprifigues, un produit indispensable pour améliorer la qualité et les rendements des figues. En ce sens, l’idée de la création d’une pépinière pour la vente de plants des caprifiguiers est née dans le sillage de cette réunion. Son implantation est prévue au village Tansaout, dans la commune de Bouhamza qui possède déjà cette vocation.
L. Beddar.

