Afin de régler définitivement le problème de l’adduction du gaz naturel dans les foyers qui n’en ont pas encore bénéficié les autorités locales d’Aïn El-Hammam ont crû bon de réunir les responsables des comités de village, et ce, en présence des responsables au niveau de Tizi-Ouzou. «Même certains responsables locaux se plaignent de ne pas avoir d’emprise sur les entreprises attributaires de marchés de la part des services de la wilaya. Tant que les maîtres de l’œuvre sont conciliants avec eux, ils font comme bon leur semble», nous explique un élu, las de faire face à la grogne citoyenne. Pris entre le marteau de l’administration «propriétaire» du projet et l’enclume de la population, les responsables locaux sont désemparés, ne sachant comment ménager «la chèvre et le choux». Les menaces de fermeture des services étatiques brandies à tout bout de champ sont légion. Avec l’arrivée du froid, les villageois qui attendent l’alimentation de leurs foyers en gaz naturel reviennent encore une fois à la charge, pressant les responsables d’agir rapidement. En effet, fatigués de voir l’inertie de certaines entreprises, peu enclines à répondre rapidement à leurs aspirations, les citoyens, frustrés, sont désespérés de voir un jour le bout du tunnel. «Les quelques ouvriers affectés au chantier de Tillilit, à titre d’exemple, y viennent comme en vacances. Ils y passent deux ou trois jours en faisant semblant de hâter le travail, puis disparaissent pendant un ou deux mois», nous dit un habitant du village. Leur dernier départ, depuis plus de deux mois, semble définitif puisqu’ils sont partis avec armes et bagages. «Ils ont pris tout leur matériel et même leurs effets de couchages et de cuisine», ajoute-il. «Les subterfuges concernant ce retard sont légion. Même les autorités locales ne semblent pas avoir d’influence sur le cours des événements qui risquent de déboucher sur une situation qui pourrait leur échapper», commente un villageois. La Sonelgaz, la daïra et la mairie sont dans la ligne de mire de la population pour montrer son courroux. Le mécontentement, que beaucoup trouvent «justifié», des villages auxquels les autorités avaient promis le gaz naturel pour 2012, va en grandissant. «Nous avons trop parlementé. Si nous décidons de réagir, ce sera pour fermer toutes les administrations. Personne ne pourra y accéder avant que le gaz commence à bruler dans nos foyers. Nous n’accepterons aucune date butoir. On nous a trop trompés avec des promesses qui n’ont jamais été tenues», nous disent un groupe de citoyens qui reviennent de la ville avec des bidons de mazout. «On était si surs de nous chauffer au gaz, cette année, qu’on n’a pas pris la précaution de préparer du bois» nous explique l’un d’eux.
A. O. T.
