Les enseignants de l’école primaire, Lamri Abdellah, et leurs élèves ont déclenché d’un commun accord un mouvement de grève, depuis mardi dernier, pour protester contre les lamentables conditions de leur école laquelle affiche un état de dégradation progressif, notamment sur le volet hygiène et propreté. Cet état de fait est dû à l’absence d’agents de nettoyage et d’entretien. Le corps enseignant que nous avions rencontré hier sur les lieux, ne décolère pas et dénonce à l’unisson le mépris affiché par l’APC à l’encontre de leur établissement, lequel évolue dans un insupportable état de saleté et de pollution. Ils énumèrent, à titre d’exemple, les sanitaires débordantes d’où monte une répugnante odeur d’égouts qui envahit les classes et rendent l’air irrespirable, car n’étant jamais nettoyés depuis la rentrée scolaire de l’année en cours. Le deuxième fait alarmant que nous avions constaté de visu est un tapis gluant de fumier des centaines de pigeons qui ont trouvé refuge dans les cages d’escaliers qui mènent au bloc pédagogique de l’étage supérieur. Un incroyable état d’insalubrité reconnu et coché sur procès-verbal par la commission d’hygiène sans changer quoi que ce soit à cette situation relatée à laquelle se greffe plusieurs dangers qui guettent les petits écoliers dans la cours, tel qu’un vieux peuplier haut de quelques vingt mètres dont la souche est complètement dénudée et qui ne tient encore debout que par un incroyable équilibre. Le moindre coup de vent jetterait par terre l’arbre, comme en témoignent de grosses branches brisées par des bourrasques de vent. Le danger ne s’arrête pas là car en l’absence d’un agent de sécurité des incursions de malades mentaux et de bêtes errantes sont fréquemment enregistrées dans cette école, selon nos interlocuteurs, tout comme d’effroyables pans du mur de clôtures fissurés et distinctement séparés qui menacent de chuter à tout moment et provoquer un carnage. Lors de notre tournée sur les lieux, nous avions constaté des débris de matériaux de construction tels que des planches avec des clous, des buses et autres fragments de briques et parpaing qui jonchent une partie de la cours. Ceci est dû au fait que l’entreprise qui a effectué des travaux de rénovation n’a pas procédé à la remise en état des lieux. Le dernier danger qu’on a pu relever est celui de la niche qui abrite le compteur d’électricité et celui du gaz scellé sur la façade extérieure du bloc pédagogique. L’ouvrage est complètement délabré dont les portières ont disparu. Un équipement dangereux installé sans protection à ras du sol à la portée des élèves et du premier venu. Le directeur de l’établissement nous apprendra que «l’APC a dépêché une équipe d’ouvriers au premier jour de grève pour procéder à un sommaire nettoyage et plier bagages». Et d’ajouter «que l’agent affecté le même jour refuse de s’occuper du nettoyage et qu’il n’accepte que le poste de gardien. Toutes ces carences évoquées ont été signalées aux autorités concernées par plusieurs rapports détaillés restés sans suite». Quant aux protestataires, ils comptent maintenir la grève jusqu’à la prise en charge totale de ces faits négatifs. Rappelons que l’école primaire Lamri Abdellah est l’une des toutes premières de la région réalisée vers la fin des années 1940 par l’administration coloniale qui l’a baptisée «école mixte de Maillot»
Oulaid Soualah
