80% des accidents de la mer sont causés par l’homme

Une série de communications a été présentée par des experts de la FAO autour du contrôle de la qualité, des normes de commercialisation et des aspects réglementaires de l’évaluation de l’analyse des risques sanitaires, la production halieutique et les échanges commerciaux dans la région arabe ainsi que sur la sécurité des navires de pêche.

L’Algérie importe 96% de ses produits de mer de pays non arabesLors de sa communication, M. Belkouch, directeur de l’organisme de la promotion des produits de pêche dans la région arabe, Infosamak, a présenté les chiffres relatifs à la production qui sont de l’ordre de 3,2 millions de tonnes métriques soit 2,5 % de la production mondiale. Un chiffre très infime quand on sait que la région possède des ressources halieutiques et hydriques énormes avec plus de 22. 000 km de côte. Il a déploré le fait que 60% de la pêche arabe se fait traditionnellement avec tout ce que cela entraîne comme pertes de l’exploitation très limitée de la ressource. La faiblesse du pouvoir d’achat des populations locales et donc la non-rentabilité des marchés locaux qui poussent les opérateurs à se diriger vers le marché extérieur en exportant le poisson brut, perdant ainsi la valeur ajoutée sur les produits de transformation rend le ratio de consommation de l’individu arabe par an parmi les plus faibles. Il atteint actuellement un moyenne de 6,7 kg et est en deçà de la moyenne mondiale qui est de 16 kg. Il est à relever également que cette moyenne est près de refléter la réalité de tous les pays car si l’on prend l’exemple de la Somalie (-2 kg) et les Emirats arabes unis (28 kg), on constate que la différence est considérable. Abordant les échanges économiques inter arabes dans le secteur de la pêche, M. Belkouch dira qu’en l’absences de statistiques fiables, ils demeurent très faibles puisqu’un pays exportateur comme le Maroc ne compte aucun pays arabe parmi ses dix premiers clients. Ses échanges avec les pays arabes ne dépassent pas les 2,25% des échanges globaux alors que la Tunisie n’a même pas atteint les 0,37%. L’Algérie, quant à elle, n’importe que 4% des produits halieutiques des pays arabes et essentiellement de la Mauritanie. Une autre communication présentée par un cadre du ministère, M. Lazal, a porté sur la sécurité des navires de pêche. Il dira, d’emblée, que le pêcheur est le premier responsable des accidents en mer et que la communauté internationale qui a longtemps axé ses efforts sur le développement de la technologie a pris conscience depuis les années 1990 que l’homme est au centre de tout progrès. D’où l’élaboration de conventions et de codes sur la gestion portuaire, la sûreté des navires et l’initiation de plusieurs programmes de formation pour les personnels des navires commerciaux et de la pêche dernièrement. M. Lazal a insisté sur la nécessité d’imaginer des systèmes pour contenir ou réduire les risques d’un métier très dangereux à travers de meilleurs équipements de sûreté et de sauvetage et de performants instruments d’information et de communication. Il a déploré également la réticence des pêcheurs à adopter les nouvelles normes de sécurité et de certification des navires et de leur gestion.  » Si pour les navires commerciaux qui sortent de nos eaux, ils sont obligés de s’adapter, il n’en est de pas même pour la pêche à l’intérieur des eaux sous juridiction nationale « , terminera-t-il.

H. Hayet