« Nous interpelons les autorités pour nous garantir la même dignité qu’au reste de la population, en favorisant notre insertion dans la société », une phrase prononcée comme un cri exprimant la souffrance face au manque de considération envers cette frange de la société souvent marginalisée.
Un cri lancé jeudi dernier, à la Maison de jeunes Si Mohand Umhend de Tizi Rached, par un représentant des handicapés présent lors d’une réunion qui a regroupé les différents responsables des associations au soutien aux personnes handicapées venues de 48 wilayas du pays. Une réunion dont l’objectif est la réclamation des droits de ces personnes qui ont toujours pleuré en silence. Cette rencontre a été présidée par la responsable de l’association sociale des personnes handicapée «Izri» de la commune de Tizi Rached. Les intervenants ont présenté un aperçu général sur la vie quotidienne des personnes aux besoins spécifiques, en mettant l’accent sur les obstacles et les difficultés qu’ils arrivent à affronter, tant bien que mal, sans l’aide de l’État. Mais aussi avec un manque de moyens qu’ils rencontrent à chaque fois qu’ils essaient de parcourir un pas vers l’avant, en déclarant le désespoir qu’ils rencontrent à chaque tentative. «Une jeune fille ayant un handicap moteur a été maltraitée par l’enseignante au centre de formation, et une autre ayant le même cas est tombée dans un bus parce qu’elle n’a pas trouvé une place pour s’assoir, tandis qu’en France, les deux places de l’avant sont toujours réservées aux personnes qui souffrent d’une infirmité», a déclaré la présidente de l’association «Izri». Les assistants ont mis leur situation en questions : «Jusqu’à quand continuions-nous à vivre dans ces mauvaises conditions qui nous obligent d’être dépendants d’autrui ? Jusqu’à quand les autorités continuent-elles à nous négliger et nous priver de notre droit indispensable qui est de vivre en toute sécurité en intégrant la société ?» Ils ont posé leurs problèmes un par un, en insistant sur l’insuffisance de leur pension qui ne dépasse pas les 1 000 dinars pour les sourds-muets, 3 000 DA pour les non-voyants et 4 000 DA pour les handicapés moteurs et même parfois cette pension arrive après six mois de retard. Ils réclament aussi l’absence d’une pension pour les enfants handicapés malgré que ce sont eux qui ont plus besoin de cette aide, comme ils ont dénoncé la privation de la pension destinée aux personnes handicapées lors de leurs embauches dans la fonction publique. Ils demandent également de mettre en valeur et en application leur droit à l’accessibilité. «Nous demandons aux autorités de réviser les 32 articles qui protègent les personnes handicapées, car seuls ces articles qui n’ont pas connu une révision depuis qu’ils sont mis en exécution en 1979 et qu’ils prennent en considération tous les besoins et droits que ne venons de citer», a signalé M. Boudiaf, président de l’une des associations réunies. La liste des besoins de cette frange de la société reste ouverte car ils manquent presque de tous. Pour conclure la réunion, les assistants ont décidé de faire une marche sur tout le territoire national et ils interpellent les personnes concernées et même les citoyens à participer et cela dans le but de revendiquer ces droits et d’attirer l’attention des autorités ou plutôt les sensibiliser.
Assia Mouloudj

