Les habitants des quarante-huit villages d’Aït Yahia, une commune de la daïra d’Aïn El Hammam, paieront désormais plus cher le transport.
Depuis quelques jours en effet, les transporteurs reliant Aït Yahia au chef-lieu de la commune d’Aïn El Hammam, sur une distance de moins de trois kilomètres, ont décidé d’augmenter de cinq dinars le prix du ticket, soit un peu plus de trente pour cent. Quant aux voyageurs qui se rendront dans leurs villages respectifs, au-delà du chef-lieu, ils seront «taxés», suivant la distance parcourue. Ainsi, les habitants d’Ait Djebara, à titre d’exemple, débourseront dix dinars de plus tout autant que la plupart des autres bourgs. Un chauffeur de fourgon que nous avons abordé nous a affirmé qu’il se démarquait de ses collègues qui avaient décidé «unilatéralement», de cette augmentation. Du côté Ouest de la ville d’Aïn El Hammam, les transporteurs qui desservent le âarch Ath Menguellat, respectent pour le moment la même tarification, en vigueur depuis plusieurs mois. Il faut dire aussi qu’ils ont agi, il y a quelques mois, augmentant de cinq dinars le prix de la place vers les villages. Les chauffeurs de taxi qui desservent Oued Aïssi avaient jugé utile de se faire payer à cent vingt (120 DA) au lieu de cent dinars, auparavant. Les chauffeurs de fourgons vers la même destination gardent pour l’instant la même tarification, pour le même trajet (quarante cinq kilomètres les séparant de Tizi-Ouzou ville. ) Quant aux usagers, bien que pénalisés, continuent de prendre leur moyen de transport habituel, non sans dénoncer «ces pratiques pénalisantes». «C’est nous qui payons toujours. Ils (les transporteurs) savent que nous ne pouvons rien contre eux. Nous sommes obligés de nous déplacer. On peut les éviter sur de petites distances, mais pas plus», indique un enseignant qui se rend chaque jour à la ville des genêts. Face à ces augmentations, jugées disproportionnées et anarchiques, les citoyens attendent la réaction de la direction des transports qui doit confirmer ces augmentations ou rappeler à l’ordre qui de droit. «Les responsables ne sont pas touchés dans leur portefeuille puisqu’ils ne prennent pas les transports en commun. On nous laisse alors nous débrouiller», estime un ouvrier qui se sent «verbalisé» et «condamné à payer quinze dinars de plus pour arriver au travail et quinze autres au retour». Trente dinars de plus par jour en cette période de disette, grève sensiblement le budget de ceux qui travaillent en dehors de leur commune de résidence.
A. O. T.

