Tizi-Gheniff Le village a été abandonné jusqu’à très récemment – La vie reprend à Adila

Laissé tant d'années à l'abandon, le village agricole d'Adila, sur la RN68 vers Alger, voit des opérations lui être accordées, une après une.

Tout d’abord, il faudra commencer par la restauration subie par le carré des martyrs. Celui-ci a bénéficié du dallage de son esplanade avec la réfection des tombes. Malheureusement, cinquante ans après que les ossements des vaillants martyrs de la région y étaient inhumés, les pierres tombales ne portent pas encore de noms. Pis encore, même la plaque nominative de ces martyrs n’est pas encore installée en dépit de tous les efforts faits par les associations des ayants-droits et des moudjahidines. Selon les représentants des enfants de chouhada, même si cette liste est reconstituée à plus de 90%, son approbation n’a pas encore eu lieu. Le sera-t-elle avant la célébration du 64° anniversaire de l’indépendance? En second lieu, viennent les artères de l’ex-village socialiste, fleuron de la fin des années 70 et 80 jusqu’au début des années 90. Ces accès sont finalement bitumés après que le collectif des habitants se soit manifesté auprès des autorités. Les habitants d’El Qariya souhaitent que l’éclairage public soit renforcé et modernisé. Enfin, c’est la mise en service de l’antenne de mairie qui soulage ces résidents. En effet, cette annexe fonctionne et rend d’innombrables services aux citoyens qui ne se déplacent plus au chef-lieu communal pour une quelconque pièce administrative. Il faudra aussi mettre à l’actif de l’exécutif communal d’avoir tout fait pour clôturer la salle de soins. Celle-ci est opérationnelle. Si le bureau postal a été quelque peu perturbé après le départ de son préposé l’Algérie-poste a tout de même répondu à la demande des citoyens qui ont sollicité un autre agent. Actuellement, le courrier arrive au bureau postal avant d’être distribué ; en plus, les usagers de ce service bénéficient d’autres prestations (recevoir des mandats, retirer de l’argent, payer les factures d’électricité). Néanmoins, il faudra peut-être songer au moyen de programmer une sûreté semi-urbaine qui couvrira cette localité (Maroko-Adila et les hameaux environnants) parce que, selon certains témoignages, il n’est pas recommandé de sortir de chez soi dès la tombée de la nuit.  » Nous manquons beaucoup de sécurité dans ce quartier. Il y a des délinquants qui y rôdent. Les vols se multiplient de jour en jour. Vraiment, cela devient invivable », nous confiera une personne sous couvert de l’anonymat. Enfin, les jeunes réclament toujours la récupération du centre culturel fermé puis occupé par une famille depuis le début des années 90. Le village socialiste agricole réalisé à la fin des 70 dans le cadre de la révolution agraire, avait une école, une mosquée, une antenne de mairie, une poste, un hammam, un souk el fellah. Il n’en reste que quelques unes de ces structures. Même les habitations réalisées anarchiquement l’ont entièrement défiguré à tel point qu’il commence à ressembler à un bidonville.

Amar Ouramdane