Tizi-Ouzou Son nouveau CD est déjà en vente dans les bacs – Idir Bellali revient avec « Sidi Valentin »

Sidi Valentin» est le nouvel album du chanteur-compositeur et poète Idir Bellali, sorti fin de l’année 2015 aux éditions Tikinas Production, Ifigha – Azazga.

Ce CD, le premier du genre, est composé de six (06) chansons qui gravitent autour du même thème «l’amour». Dans la première chanson, l’auteur traduit cet amour indispensable à tout être pour une meilleure union entre les êtres à l’échelle humanitaire. Les paroles sont d’un autre poète, connu aussi sur la scène littéraire et poétique, en l’occurrence Ahcène Mariche. «Fetta Hemduc» (2ème chanson) est une histoire dialoguée entre deux êtres : Fetta Hamduc et Baghdad. Un dialogue imaginé entre ces deux personnes dont les sentiments de la femme sont portés sur le fugitif. Un amour impossible ! Ils se connaissent depuis longtemps. «Fetta est venue voir Baghdad pour lui demander s’il n’avait pas rencontré le fugitif (son petit ami). Ce dernier est passé le voir et tout le village a su la nouvelle de la visite et a fait le tour du village où les langues ne sont pas rentrées dans leurs palais. Des remontrances par-ci, par-là et le fugitif est toujours en fuite (comme son nom l’indique) pour des raisons que l’on pourrait imaginer. Fetta est montrée du doigt. Au cours de cette discussion avec Baghdad, Fetta lui a avoué ses sentiments envers le fugitif. Fetta propose à Baghdad de lui donner son burnous pour se cacher avec et faire croire aux gens que c’est un homme qui vient de passer. Elle a l’intention de rejoindre le fugitif sans être vue et reconnue». La 3e chanson «Saïd Uzanzani» est la traduction de la vie actuelle dans ce système fait de rêves à toute une génération. La référence est faite aux jeunes de l’ANSEJ, de la CNAC et autres dispositifs auxquels on propose tout sauf un travail durable. Connaissance et savoir exclus. «Le sentiment de chacun est d’avoir tout sans effort ! La sueur du front est asséchée !» Et le chanteur l’explique amplement : «Avant, nos chanteurs, tels Slimane Azem et bien d’autres de sa génération chantaient les affres de l’exil (El Ghorba) et souhaitaient un retour au pays (Algérie mon beau pays- des exemples sont nombreux), alors qu’aujourd’hui, la jeunesse chante et souhaite ardemment de quitter le pays (El Harba)». C’est là la différence ! Une chanson à méditer ! «Ggan-agh wussan» (Les jours qui nous ont unis) est la chanson, sans doute, la plus bouleversante car tout auditeur regardera dans le rétroviseur pour regretter les années passées durant sa splendide jeunesse. Une vie pleine de compréhension et d’union sans égal avec sa deuxième moitié. «Medden Zhan» (les gens sont heureux et moi je ne cesse de pleurer) chante Ali Bellali et dira plus loin : «Pendant qu’ils vivent leur vie/ Moi, je ne fais que rêvasser». La suite se devine et c’est ce qui est enchainé dans la sixième et dernière chanson «Lebghi-w» (Mes différents souhaits). Le chanteur cite quatre (04) souhaits fréquents relevés de la vie qui nous entoure et qu’il voulait faire passer comme message : «le plaisir, le pêché l’amour et la lumière pour satisfaire tous les gens de cette humanité qui ne cesse de se transformer tant bien que mal. Un monde où tout est permis dans lequel l’individu passe d’une couleur à une autre sans scrupules, nie ses propos, relativise le mensonge, vénère les escrocs et corrompus… et faire de la science, du savoir-faire, de l’éducation l’ennemi principal». Pour le chanteur, chanter l’Amour c’est faire face à la violence. Il nous apporte quelques précisions et éclairages sur l’origine de ce nom qu’est Saint Valentin : «Valentin existait. C’était un prêtre de l’Eglise romaine, du 2ème siècle après JC. L’empereur romain perdait à chaque fois les guerres. Il fait venir ses conseillers et en conseil, il leur demanda les véritables causes de ces échecs répétés. Les conseillers leur disaient que ce sont les guerriers qui, en pleins affrontements avec l’ennemi, pensaient à leurs femmes et à leurs enfants. Alors l’empereur décida de supprimer les mariages officiellement. Les gens allaient voir Valentin qui procéda aux mariages en cachette. L’empereur sut la nouvelle et convoqua Valentin qui fut exécuté un certain 14 février !». Une autre précision : «Au 5ème siècle, un pape berbère, du nom Saint Gélase, entrepris quelques réformes dans la constitution du pays : il supprimait les fêtes païennes et lupercales, réhabilita Valentin et fit du 14 février une fête de l’Amour et des Amoureux».

Arous Touil