Tizi-Ouzou Suite au décès d’une fillette de 13 ans – Des villageois sèment la pagaille au CHU

Le CHU, Nedir Mohamed, de Tizi-Ouzou a vécu une matinée des plus mouvementées hier. Accusé de négligence suite au décès d’une fillette, il a été, en effet, pris pour cible par des villageois en colère.

Il s’agit, en fait, des habitants du village Ighil Azzegagh, dans la commune de Draâ Ben Khedda, village maternel de la fillette, qui n’ont pas pu se retenir après la nouvelle de la tragique disparition de la fillette, décédée au petit matin d’hier. Selon des témoignages, les manifestants s’en sont pris à tous ce qui se trouvait devant eux. Des vitres ont été cassés et des voitures ont été endommagés, selon toujours des témoins. On parle même d’un policier et d’un médecin qui ont été agressés. C’était, en somme, à la limite de l’émeute. Même le boulevard Lamali Ahmed, jouxtant l’hôpital, a été bloqué à la circulation. Il a fallu appeler des renforts policiers, et surtout la sagesse de certains habitants, pour calmer les esprits. Pour les villageois, il n y avait pas de doute, le CHU de Tizi-Ouzou a été pour beaucoup dans la mort de la fillette, qui n’avait que 13 ans. Selon son oncle maternel, elle a séjourné 5 mois au CHU de Tizi-Ouzou. «Elle devait être transférée demain (aujourd’hui NDLR) à l’hôpital Aïn Naadja», précise notre interlocuteur. Pour ce dernier, le CHU n’a rien fait pendant ce séjour pour sauver la fillette. C’est, d’ailleurs, ce que pensaient l’ensemble des manifestants hier. «La logique aurait voulu qu’on nous oriente ailleurs, dans la mesure où, eux ils ne pouvaient rien pour elle. Pourquoi l’avait-on gardé là-bas?», se demande le même oncle. Plus grave encore, pour notre interlocuteur, la fillette n’est pas morte par hasard, hier, soit, la veille de son transfert à Aïn Naadja. «C’est clair, ils voulaient camoufler tout. Car ils savaient qu’ailleurs, beaucoup de choses seraient dévoilées», ironise t-il encore. Pour lui, il y a une négligence «volontaire», pour reprendre son expression. En somme, pour le même orateur, le personnel qui était en charge de la fillette, savait qu’elle allait mourir et pour cacher «cette mal-prise en charge, on a voulu qu’elle meurt à huis clos». À bout de souffle, et visiblement fatigué et surtout attristé notre interlocuteur a affirmé que la manifestation des villageois, hier, était une réaction spontanée après la mauvaise nouvelle. «On ne demande rien, car rien ne peut remplacer notre enfant, mais c’est surtout pour éviter que de telles histoires ne se reproduisent à l’avenir, et éluder de tels cauchemars aux autres familles», dira t-il.

Hanane, c’était parti d’un fait banal

Il est vrai, en fait, que le mal est fait. La fillette, Hanane, qui n’était âgée que de 13 ans est morte. Il est vrai aussi que rien ne présageait une telle fin tragique pour elle, dans la mesure où, elle était «légèrement» brulée, selon son même oncle. C’était en mois de ramadhan dernier. «On n’allait même pas l’emmener chez un médecin tellement c’était superficiel», raconte le même interlocuteur, «mais son père n’a pas voulu prendre le risque et on l’a amené au CHU. Là on nous a dit, effectivement, que ce n’était pas grave. On lui a administré les premiers soins et on lui a prescrit un traitement à suivre à la maison», se rappelle, encore, l’oncle. Et de poursuivre, «mais au bout d’un temps, sa situation ne s’est guère améliorée. Bien au contraire, elle n’a fait que s’aggraver». C’est ainsi qu’on a décidé d’emmener, encore, Hanane à l’hôpital avant qu’elle ne soit transférée vers Alger, exactement à Pasteur, selon toujours son oncle. «On lui a fait subir trois interventions chirurgicales, mais en vain» dira t-il. Hanane a été «renvoyée» de l’hôpital d’Alger, au bout de quatre mois. À la maison, son état s’aggravait. Ses parents l’ont, par la suite, emmené au CHU de Tizi-Ouzou, où elle a séjourné 5 mois avant de rendre l’âme hier. C’était, donc, parti d’un fait banal avant que cela ne s’aggrave. C’est clair qu’il y a eu négligence dans la prise en charge de Hanane, une brillante écolière qui se tapait des 18 aux examens. Où se situe cette négligence ? C’est la question qui se pose justement.

M. O. B