Fraîchement désigné à la tête du parti du Rassemblement national démocratique (RND), le nouveau secrétaire de wilaya et ex-député, Kamel Bouchoucha en l’occurrence, plaide pour la redynamisation des différents organes de sa formation sans exclusion et tente, à travers l’interview qu’il nous a accordés, de décortiquer le décor politique tout en retraçant certaines situations peu reluisantes ayant émaillé la gestion du parti.
La Dépêche de Kabylie : Votre désignation est parvenue après une période tumultueuse qui a secoué le parti et plus particulièrement pendant l’ère Bensalah, caractérisée par des déclarations, lests, vexations et autres charges. À en croire les informations qui se colportaient, on aurait pensé à une bagarre à couteaux tirés entre certains. Y’avait-t-il vraiment le feu dans la maison RND de Béjaïa ?
Kamel Bouchoucha : Nous nous sommes engagés avec une énergie rare au détriment de nos vies privées et professionnelles, pour enraciner le parti à Béjaïa, défendre exclusivement ses intérêts et surtout contribuer à construire un programme pouvant répondre aux aspirations des citoyens. L’élection de deux députés a constitué pour nous la récompense du travail indéfectible que nous avons mené sur le terrain contre vent et marée. Le parti a connu une succession de déceptions qui ont failli nous faire perdre notre équilibre et la confiance suite à l’absence de décisions fermes et rassembleuses privilégiant le copinage qui entrave le processus démocratique au sein du parti. Les contacts informels ont, à plusieurs reprises, pris le pas sur une procédure d’information hiérarchique enfantant un court-circuitage qui donne le sentiment de devoir jouer des coudes et avoir une attitude clientéliste pour trouver sa place. Les militants intègres ne pouvaient pas la trouver dans ces conditions, car un parti fort repose sur des bonnes volontés bénévoles. La moindre des choses est de témoigner d’une réelle reconnaissance pour le travail fourni, celle-ci n’a été ni formulée ni démontrée tout au long de cette période. Donc, beaucoup de militants ont décidé de se retirer ou s’éclipser en attendant des jours meilleurs. Derrière le travestissement du verbe et le masque des bons sentiments, on avait préparé tout bonnement l’inféodation du parti tuant par là toute innovation politique cantonnant cadres et militants à la vassalité voire à la servilité au moment où on aurait pu donner du sang neuf au parti.
Plus clair…
Ce coup fourré de ces «instigateurs» avait pour objectif de laisser le parti en jachère et le faire éclipser définitivement. Figurez-vous que les gens qui ont fait du RND de Béjaïa un «Hizb Chkara» et l’ont laissé embourbé dans une gadoue de dette, ont fait fausse route car aucun accord politique ne peut se conclure loin du cadre légal dicté et il n’y a que la bonne conduite qui servira de locomotiv pour atteindre le perfectionnement escompté. Autrement dit, le bricolage ne dure jamais et quant on persiste à le faire valoir, on assiste à l’agonie du parti.
Optimiste pour le reste du parcours ?
Vous savez, l’activité politique est un art qui a ses propres stratégies, l’art de pouvoir convaincre sans contrainte. Cela demande énormément de tact, de style, de méthode et d’organisation jointes par les valeurs, l’éthique, la déontologie et les principes. Sur ce je vous confirme que ce qui s’est passé à Béjaïa est une agitation née d’une grande carence en matière de culture politique. Je suis vraiment désolé de la façon dont certains cadres du parti ont tenté de mener leur activité politique, en usant d’une morale incommode qui ne les honore guère et je me battrais justement pour ramener les valeurs et redorer le blason du parti qui n’est un legs ni un bien de personne. Un leader politique qui n’est pas porteur d’éthique, de valeurs ou de principes est un leader limité. Sur ce je dirai que les portes du RND sont grandement ouvertes à tous les militants et à tous les cadres sincères sans aucune pensée au passé ce qui importe c’est de se formater les consciences, vivre l’actualité et surtout planifier l’avenir. J’espère bien que la leçon est largement élucidée et le bon élève n’est pas tenu de refaire sa copie.
Une feuille de route ?
Les hommes politiques ont souvent des activités ou des formations leur permettant de pouvoir surpasser ces tracasseries. Dans ce cas de figure, rassembler tous nos cadres, tous nos militants sans ségrégation ni marginalisation autour d’un seul objectif s’avère indispensable pour faire la différence entre les discours et les actes. En politique, il faut éviter de soustraire ou de diviser, il faut être en mesure de ratisser large, éviter d’être dans les clivages d’ordre individuel. Nous avons tous notre rôle à jouer pour instaurer une discipline conformément aux recommandations de la base, tout en respectant la ligne du parti et chercher d’imposer son idéologie et sa vision pour le développement de notre wilaya et le progrès du pays à travers un programme consistant à l’ombre de la prolifération des partis politiques qui poussent tel une herbe folle en plein printemps.
Interview réalisée par Rabah Zerrouk

