Proclamée par l’UNESCO, le 21 février 2000, afin de promouvoir la diversité non seulement linguistique et culturelle mais également le multilinguisme, la Journée internationale de la langue maternelle est ainsi célébrée, à cette même date, à travers le monde entier. Ainsi, saisissant cette occasion, l’association culturelle Azar N’Tmusni du village Ouled Messaoud de Tizi-Gheniff, a, pour marquer cet évènement, organisé samedi dernier à la bibliothèque communale, une conférence-débat avec la participation de maître Rachid Ali Yahia, auteur de pas moins de trois ouvrages : le premier sur la langue arabe classique, le second porte le titre «Pour une Algérie algérienne fédérale, démocratique et sociale», alors que le troisième se penche sur «la question nationale en Algérie». Cependant, dès l’entame de la conférence qui a drainé un public nombreux, pour la majorité des étudiants et des membres des différentes associations culturelles de la localité et de Draâ El-Mizan, cette conférence, animée par maître Rachid Ali Yahia, acteur de la crise dite «berbériste» de 1949 au sein du PPA, leur a donné l’opportunité de connaître enfin toute la vérité de la bouche du dernier survivant de cette époque qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive sans pourtant que la vérité ne soit connue tant cette crise a été utilisée par les uns et les autres à des fins dont les objectifs n’étaient que de détourner l’histoire de son vrai lit. Ainsi, prié de revenir sur cette période, M. Yahiaoui, l’un des membres de l’association culturelle Azar N’Tmusni, a tenu à présenter au début la biographie et la bibliographie du conférencier. Ce dernier est d’emblée revenu sur le début de son adhésion au PPA alors qu’il n’était encore qu’un lycéen à Ben Aknoun avant sa rencontre avec ses amis Ali Laimèche, Bénai Si Ouali et Amar Aït Hamouda, qui étaient également scolarisés dans différents établissements de la capitale mais qui ne se connaissaient pas mais ils partageaient les mêmes idées, les mêmes idéaux et les mêmes aspirations, à savoir l’indépendance nationale avec une Algérie algérienne dans toute sa diversité culturelle et linguistique. Au demeurant, le conférencier parlera longuement de la date historique qui a marqué tous les nationalistes, à savoir les manifestations organisées, le 8 mai 1945, et les massacres qui s’ensuivront notamment à l’Est du pays, avant d’aborder plus en détail son affectation en France pour la structuration de la fédération dans ce pays du PPA. Néanmoins, Maître Rachid Ali Yahia, qui a tenu non seulement à honorer la mémoire de ses compagnons qui menaient le même combat, dont le mérite, a parlé également de Ali Laimèche qui a disparu suite à une grave maladie, alors que ses autres camarades connaîtront une fin tragique après le déclenchement de la révolution. Au demeurant, étant responsable de la fédération de France, M. Rachid Ali Yahia fera voter, en 1949, une motion contre l’orientation arabo-islamique du parti PPA, et ce sera l’opportunité qui sera saisie par la direction dudit parti pour les exclure, d’autant plus qu’ils étaient tous originaires de la Kabylie et cette crise au sein du PPA portera, depuis lors, la dénomination de «Crise berbériste de 1949». Par ailleurs, au cours de cette rencontre qui aura duré près de quatre heures, le conférencier sera emmené dans sa seconde étape à parler de la période postindépendance avant de terminer par la situation que traverse actuellement le pays. «C’est une conférence très enrichissante pour nous, jeunes universitaires, d’autant plus que nous avons l’occasion d’entendre de vive voix l’un des principaux acteurs, notamment de la crise berbériste de 1949, qui ne cesse de revenir dans tous les débats mais, maintenant, nous sommes tranquilles d’avoir connus la vérité et nous pensons que la période vécue par les anciens a été vécue avec les mêmes idées par nos parents dans les années 70, alors qu’ils n’avaient pas entendu parler de cette crise berbériste de 1949 et cela pourrait continuer sans la reconnaissance dans la constitution de tamazight», nous déclarent quelques participants à cette conférence.
Essaid Mouas
