« Derrière chaque choc pétrolier, à commencer par celui de 1971, on retrouve toujours l'Arabie Saoudite qui avait, comme les Etats-Unis, exagérément augmenté la production du pétrole pour en rabaisser le prix du baril ».
C’est ce qu’à déclaré en substance le conseiller du secrétaire général de l’UGTA, lors de la commémoration, hier, au siège de l’INPED de Boumerdès, de la date de nationalisation des hydrocarbures qui remonte à 45 ans, et du 60ème anniversaire de la création de cette instance syndicale nationale. Usant d’un langage simple, M. Mohamed Lakhdar Badredine mettra d’emblée en exergue les deux dates précitées, en précisant que la plus ancienne a tangiblement incarné la volonté des travailleurs de se libérer des syndicats français, et de se joindre plutôt à la révolution, tandis que l’autre, celle de février 1971, démontrait la force des Algériens à s’intégrer dans un processus de développement. Et rien d’étonnant, selon le conférencier, si le général Giap affirmait à l’époque que l’Algérie avait mené une grande révolution, en précisant surtout qu’elle était en face d’une puissance coloniale jouissant de tous les atouts, puisque très proche de la rive sud géographiquement. En substance, il exhortera les citoyens à donner la primauté au produit national, en prenant l’exemple des précédentes générations qui endossaient des vêtements de nos sociétés nationales réputées pour leur qualité et leur résistance, et «dont une quantité était même demandée par des instances étatiques françaises». Il réitérera, dans ce contexte, la fidélité de l’UGTA au pays, à travers sa défense farouche de l’économie nationale. «A un militant d’un parti qui traitait l’UGTA de syndicat du pouvoir, je lui ai rétorqué tout de suite qu’il est hors de question que nous devenions des destructeurs de L’Etat», dira-t-il, en s’interrogeant encore, en haussant le ton : «Voudrait-il que notre instance syndicale suive la ligne de son parti, qui avait, d’ailleurs, pratiquement trahi le pays, d’autant que cette formation politique dite d’opposition avait reçu des ordres, à une certaine date, pour se liguer avec un autre parti despotique contre l’Etat et la société ?». Le conférencier faisait allusion là à l’arrêt du processus électoral ayant eu lieu précisément au début de l’année 1992. «A cette époque-là l’UGTA s’était mise à l’avant garde de la défense de la république», a-t-il renchéri, en précisant que la pluralité syndicale n’existe réellement que dans certains pays d’Europe comme la France, l’Italie et l’Espagne, où d’ailleurs elles posent problème. Il professe qu’il est d’autant plus inadmissible qu’on parle de pluralité syndicale ou que l’on critique les non-opposants au pouvoir, alors que notre pays est toujours menacé. «Voyez le sort actuel de l’Egypte ou de la Libye, alors que la Tunisie a obtenu récemment son prix Nobel de la paix grâce à l’Algérie», conclura-t-il, en rappelant les différents acquis des travailleurs algériens, à l’exemple de la carte Chiffa permettant la gratuité des soins, et la conservation comme propriétés collectives de nombreux secteurs clés de l’économie nationale, à l’instar des hydrocarbures et des banques.
Salim Haddou

